Roland Garros 2019: jeu, set et digital !

Après une visite à une partie du staff informatique de Roland Garros (côté presta), je me suis intéressé aussi à ce que je voyais de numérique tout autour de moi durant cet événement. Avec notamment cette question en filigrane : la situation a t-elle évolué depuis mon dernier reportage dans des conditions similaires, en 2007 pour ZDNet, soit 12 ans plus tôt.

Il y a tout d’abord de marquant la sur-présence des écrans digitaux. Et de toutes tailles ! A commencer par les plus petits, les smartphones qui, comme dans nos villes, maisons, entreprises ont envahi chacun de nos gestes. Avant, entre deux points de tennis (ou deux cris de Monica Seles…lol), on prenait le temps de bailler au corneilles (« il va pleuvoir ou pas ? »), de mater ses voisins (« regarde moi celle-ci avec son chapeau ! »), ou pire, de lire un livre, un magazine . Aujourd’hui on se branche de suite sur son fil Twitter ou sur des vidéos d’autres matchs, sur d’autres cours, auxquels on assiste pas physiquement. On veut tout, tout de suite, la totale, le plein shoot de moments tennistiques. Réaménagé, le site dispose aussi de plus d’écrans géants qu’auparavant, notamment celui du Suzanne Lenglen, à la longueur phénoménale. Clair qu’on a l’impression d’être au spectacle dès ce niveau là… pas besoin d’aller plus loin.

Un peu plus discrets en taille, mais bien plus confortables à apprécier, on tombe aussi sur les écrans de quelques fans zones, façon chaises longues et farniente, pour permettre de se détendre. Il est clair que pour avoir tâter du siège de cours dans tout le stade, le prix des places n’est pas vraiment à l’unisson de la qualité des sièges ! Ils sont assez raides… Et assister à plusieurs heures de matchs dans ces conditions relève de la performance physique, et vous scie littéralement le bas du dos. Je n’ai pas de… solutions technologiques à proposer à ce sujet, mais je pense que les organisateurs de RG devraient se pencher sur ce problème. On a bien assez d’ingénieurs et designers mobiliers en France pour imaginer une solution idoine. Le défi est lancé !

Arbitres digitaux

Enfin, comme en 2007, j’ai observé de plus près l’informatique d’arbitrage. Là où il y a 12 ans des PDA (assistants personnels) étaient d’usage, la cuvée 2019 propose une organisation plus dotée. Des tablettes tactiles équipent à la fois les arbitres de chaise (portées par un petit bras à partir de l’accoudoir) et aussi les juges « latéraux ». Je n’ai pas trouvé d’autres appellations, car ce ne sont pas des juges de ligne, mais des équipes postées hors le terrain, au niveau des rangs de spectateurs. Sur le cours numéro 8 par exemple (photo ci-dessous), il y en avait deux : l’un oeuvrant au stylet sur tablette (photo ci-contre / et pour en gros confirmer la décision de l’arbitre de chaise) et l’autre équipé d’un portable reprenant les points et d’autres données du match. Une sorte de « team validation », dans le circuit des transmission des données. Jusqu’aux pages web pratiquées par l’entière planète tennis, depuis le site internet de Roland Garros.

Jeu, set et selfie

2019 n’est pas une première sans doute, mais plus que jamais, les allées et cours de Roland Garros m’ont semblé témoigner de la puissance du Dieu Selfie. Joueurs et matchs ne sont plus que des décors, avec la sacro sainte couleur terre battue, servant de fond d’écran pour faire péter les plus beaux contrastes. Le tournoi l’a à ce point compris qu’il met à disposition des badauds un « mur du selfie », de cette couleur et matière, où tout au long des journées, l’on se prend en photo en solo ou en groupe. C’est un peu le passage obligé, la signature visuelle chic… et d’ailleurs je n’ai pas dérogé à la règle via Instagram.

On y vérifie plus qu’ailleurs que le tennisophile moyen (ou stylé, c’est selon le point de vue) est un fan comme les autres, qui aime à se coloriser son mur Instagram ou son dernier Snap de la teinte orangée si typique, vendant du rêve au reste de la France. Peu avant, on a le rouge du tapis de Cannes, ou encore son ciel bleu azur… signe de l’ouverture de la saison des selfies de plages et d’eau turquoise, occupant nos étés. Il y aurait sans doute une sociologie du selfie à désormais écrire, où les sports très visuels comme le tennis prendraient toute leur part. A suivre.

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