Pourquoi le sud (et Nice) me manque tant

Je n’ai pas le réflexe chauvin ni régionaliste. Mais quand même. A chaque fois que je retourne dans « mon pays », je me rends compte un peu plus de la chance que j’ai eu d’y naître un jour et d’y vivre 25 ans. C’est peu dire que la Côte d’Azur et Nice me sont essentiels pour me ressourcer, regonfler les batteries régulièrement, et affronter… le simple fait d’être parti m’installer au Nord courant 90’s !

Ciel azuréen, au-dessus de la rade d’Antibes…

Quand je dis « Nord » il faut comprendre que pour un niçois, la frontière se situe au niveau de « tout ce qui est au-dessus » des Alpes. Ou en tout cas, une fois que vous avez voyagé un peu, tout ce qui se situe au-delà de la ligne de la Loire. La Loire, je l’ai connue par ma première véritable petite amie, dont les grand-parents vivaient là. La Touraine et son micro climat si souvent décrit et loué, les bords de Loire bucoliques… Tout cela est vrai et calme un peu le sudiste perdu loin de chez lui. Une sorte de « sas » de décompression, de phase de transition.

Micro climat et environnement

On parle aussi de micro-climat pour le Morbihan, que m’a fait connaître et apprécié plus tard la mère de mes enfants. Là aussi des anachronismes pour un sudiste égaré, comme de voir en ces terres des… palmiers pousser et même survivre comme le long de la Promenade des Anglais !

Mais bon, qui dit « micro » climat, induit aussi que le reste du climat environnant n’est… pas au diapason, loin s’en faut. A Nice en revanche, tout ce qui est autour est à l’avenant. Ca tient tant des conditions climatiques stricto sensu que du contexte : paysages, lumières, odeurs & saveurs. On en finit pas d’avoir les sens éveillés par tant de grâce et de douceur de vivre concentrées en un seul lieu. A ces dernières vacances de Pâques, le soleil n’était pas encore si brûlant mais justement tout ce contexte aide à se sentir bien. Je vais exagérer, mais même une pluie azuréenne (pourtant souvent soutenue quand elle se produit) ne sonne pas pareil à Nice qu’ailleurs. On en rigole presque. On se dit que les nuages sont bien fadas de vouloir nous mouiller, nous autres enfants du soleil.

Alors Nice a t-elle un micro climat ? Oui, il tient un peu à ce système de vent (tramontame ou mistral c’est selon), à cet encerclement entre mer et contrefort montagneux à moins de 30 km, à cette bise marine « nettoyante » au soir, etc, etc. On se sent comme naturellement bien, protégé, au mieux là-bas. Une sensation unique.

La Côte, la mer… le littoral !

La Côte est aussi cet autre atout indéniable. Vu sous deux angles ces jours-ci. De la plage ce n’est pas toujours une grande étendue qui vous accueille comme on les connaît au Nord : le petit bout de sable public de quelques mètres à peine la Garoupe à Antibes, que nous a montré mon amie Corinne, suffit à vous rendre heureux. Même la promiscuité n’y est pas problématique. Un Pan Bagnat artisanal acheté avant non loin (« le meilleur de la Côte »), un café pris plus tard à la baraque voisine, avec des bâtons glacés pour les enfants… et c’est déjà le bonheur.

Le littoral s’apprécie vraiment sinon… depuis la mer. Un peu de recul, de calme, pour apprécier les charmes de la Baie des Anges. Mon ami Grégory nous a permis de le faire à bord de son bateau, mouillant dans le petit port de Beaulieu. Je repensais à cette sortie en mer,  à bord de yachts de luxe, quand j’avais couvert ce sujet pour un reportage du Figaro Méditerranée courant 1992. Le pilote nous avait refait l’histoire de chacune (ou presque) des maisons de la Côte : des « affaires » où se mêlent têtes couronnées d’Orient, stars de la pop et du cinéma, cadors de la politique et des médias, etc. Ou presque toujours on a aussi une entourloupe sur l’accès à la plage privatisé, l’arrivée en bateau depuis la mer, des constructions semi légales… Une vraie salade niçoise aux ingrédients complexes.

Les mets, salés sucrés…

A propos de salade, c’est peu dire qu’une virée niçoise ne peut, ne doit pas échapper aux spots gastronomiques du Vieux Nice. René Socca en est l’un des premiers, pourtant juste de la « restauration rapide » tant le menu y est varié, de bonne qualité et servi dans une ambiance unique. Le même serveur depuis que je suis gamin, l’air détaché et stoïque mais toujours un bon mot. Perso, je commande toujours la trilogie : socca, beignets (de fleur de courgette) et pan bagnat. Les petits farcis niçois, une part de pizza ou pissaladière complète souvent ce tir… on a très vite les yeux plus gros que le ventre ! Plaisir alors de voir mon aîné Raphaël réclamer et se lécher les babines de beignets de sardines ! Tout ceci est si succulent.

Une fois rassasié en plats principaux, un peu plus bas en redescendant la rue, on rejoint la place Rossetti et l’incomparable Fenocchio, maître glacier multi parfums et multi sensations. Nous n’y sommes jamais autant allé que cette fois-ci, quasiment tous les jours seuls, ou avec des amis. Et le jeu de « c’est quoi leurs nouveaux parfums étonnants » continue d’année en année… Même si c’est en effet sur les goûts classiques qu’on vérifie la qualité d’une telle maison. Seule « incartade » à ce programme des papilles : avoir enfin testé la maison Bellanger, sur l’avenue Jean Médecin, spécialiste en glaces à l’italienne et plus globalement en « douceurs qui font prendre cher », à base de gaufres, churos et autres facéties sucrées.

La Côte est un excès permanent. Et finir le séjour par une virée monégasque nous la reconfirmé. Les garçons (et notamment mon aîné) adorent, car c’est le défilé que l’on sait de voitures de sports et de luxe. Depuis quelques années, les gars se sont entichés d’un Youtubeur unique en son genre : Gmk. Cet adepte de la berline de luxe méga tunnée (et thunée) résume un peu la vie sous ces tropiques là à l’ère du digital. Bagnoles au moteur ronflant, après-midi DJ en bord de piscine et achats de luxe partagés sur Instagram comme vous/nous un selfie ordinaire. Nous sommes repartis à quelques jours du début du Grand Prix de Monaco et du Festival de Cannes voisin. Avec le tournoi de tennis monégasque, ces 3 événements constituent « le début de saison » sur la Côte, le retour de l’éternelle renaissance estivale qui redéploie à chaque fois tous ses charmes superficiels et profonds, futiles et essentiels.

Pour toute tes contradictions et tes atours, tu me manques déjà, mon sud.

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