Mon Johnny

C’est drôle parfois la vie. Hyper connecté, toujours informé, c’est mon fils cadet aujourd’hui qui me l’a appris, d’un court sms ce matin : « Appelle mamie papa. Johnny est mort« . 6 décembre 2017. Un peu de fatigue et de débord m’avaient en effet momentanément mi off hier et de la nuit au matin. Mais c’est peut être cela la force d’Hallyday : avoir su parler à toutes les générations. Etre une icône vivante finalement acceptable pour tous. Toujours rock, mais jamais ringard. Toujours capable d’aller chercher des collaborations régénérantes et relançant sa carrière.

Johnny est avant tout une énigme. Timide mais furieux sur scène, chanteur populaire mais acteur exigeant, homme à femmes mais attaché à sa dernière épouse, rockeur mais élégant… sous tout angle il était remarquable, au sens premier du terme : on le remarquait depuis plus d’un demi siècle dans le paysage musical et culturel français.

On avait tous ainsi, dans son vaste catalogue sonore, quelques chansons qui nous accrochaient plus, que l’on fredonnait, qui nous parlaient. Voici les miennes… bien sûr elliptiques et éparses, mais toutes de sens à des moments ou d’autres de ma vie où les paroles, le ton sont allés au-delà du style, du genre, de la catégorie qui n’était pas my cup of tea.

Je n’ai jamais été un fan de Johnny. Mais j’ai respecté le bonhomme et goûté certaines de ses productions. J’aurais peut être aimé qu’il ose des choses plus radicales encore… sur sa fin de carrière. Un album jazzy, ou de l’acoustique, peut-être même de l’electro-pop pour rafraîchir ses classiques, un peu à la manière de Sheller avec le duo Jupiter. Et plutôt que la série clint-eastwoodienne commise fin des 80’s, j’aurais aimé une série dépressive à la Wallander. Cela lui aurait tellement mieux convenu…

Ma mère oui, est une fan sinon absolue du moins massive de Johnny. Elle achetait ses disques, ses DVD, regardait ses émissions et films… Pas de bibelot ni de photos encadrées dans son salon mais un sujet souvent abordé. Je ne crois pas qu’elle soit allé le voir en concert, en live. Mais oui, Johnny se superpose un peu avec l’histoire de nos familles, de nos parents, pour ceux de ma génération. Les yéyés des 60’s sautillants et innocents (la jeunesse de nos parents). Le 70’s psyché et pantalon moulant (notre enfance). Dans les 80’s, je suis avec davantage d’intérêt son travail notamment avec Michel Berger : cette ligne plus romantique, plus intimiste et écrite qui me parle plus. Après, la vie a continué et de temps en temps, une ritournelle, une phrase de Johnny capte mon attention.

Son côté résiliant m’interpellait aussi. Excessif mais increvable, épicurien mais avec tenue, populaire mais raffiné dans ses propres goûts et attraits culturels. J’ai immédiatement traité l’info ce matin en cours, avec mes étudiants en BTS assurance. Leur montrer que tout sujet d’actus peut être analysé via le prisme de leur matière, qu’il faut aller au-delà des apparences. Peut être dédramatiser aussi l’info, en la faisant entrer dans le champs de l’explicable, du rationnel.

Mais Hallyday fut tout sauf explicable et rationnel, rangeable dans une catégorie, étiquettable avec une mention… « L’Elvis français » titrent les sites de news US ce jour. Vrai et faux à la fois. Car la carrière de Johnny aura duré à un chouia près quand même quelques 60 ans, et avec une certaine productivité (50 albums studio). Le King lui, avait baissé le rideau après presque 20 ans et à peine 23 albums studio. La mathématique est une science redoutable.

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