Les mini hommes (et femmes) dans la SF: toute une aventure

On ne le verrait presque pas dans le rouleau compresseur des blockbusters de fin d’année, coincé entre DC et Marvel de suite, puis surtout avec Lucas demain… Mais il y a de la SF qui fait réfléchir, qui fait envisager le futur autrement. Si vous me lisez depuis un moment ici et ailleurs, vous savez déjà que je veux parler de l’anticipation. Une catégorie de la science-fiction donc, mais qui peut être vue aussi comme genre à part : car frontière entre la politique, la futurologie, la science sociale, etc.

On « produit » des petits humains… à la chaîne. Un « new business » potentiel demain ?Les mini hommes (et femmes) dans la SF: toute une aventure

« Downsizing » d’Alexander Payne, est de cette veine. Le pitch ? Et si… nous réduisions en taille tout ou partie de la population pour augmenter sa qualité de vie ? A savoir poser le théorème simple (je me lance) comme quoi : « à ressources égales, une réduction massive du sujet (corps humain ou animal) produit une augmentation proportionnelle des moyens de subsistance ». Bref : plus petit, on prend moins de place, on consomme moins, on dépense de petites choses, etc, etc.

Je l’ai proposé en réflexion socio-éco à certaines de mes classes de lycée : le sujet a intrigué et fait réagir. Personnellement je mesure aussi l’évolution de ce thème (la réduction corporelle) au sein des fictions. J’y vois plusieurs phases qui ont évolué de l’aventure pure à la réflexion sociétale avancée :

  1. la prouesse scientifique individuelle : ce fut le doux temps des films noir & blanc se passant dans un laboratoire et ou un homme (forcément) équipé d’une femme ou d’une assistante, tentait de devenir une mouche, de s’agrandir, de se rétrécir, de se changer en animal, etc, etc. Ici le but est simplement de relater l’expérience individuelle vécue comme une tare monstrueuse. Un truc pour pousser des cris au cinéma drive-in le samedi soir 
  2. l’aventure intérieure : littéralement c’est le sel de ces histoires à la « Innerspace », où la réduction confine à la promesse des nanos technologies et micro médicaments. Le véhicule-capsule ou suppositoire en somme, parti à l’assaut des microbes en mode Space Invaders.
  3. l’excellence super héroïque : plus récente dans la forme, Marvel n’a pas versé que dans le gros tout vert et l’armure rouge/or. Il y a aussi le « mini me » Antman, qui ouvre le champs de la taille insecte. Pas de monde ici non plus, si ce n’est celui de la fourmi devenue armée levable par un homme réduit à leur taille, mais gardant… une force normale ! Un peu osé, mais prenant comme tous les Marvels, pour une sortie ciné en famille. 

Je mets à part les films ayant proposé la vraie vision d’un « mini monde », déjà organisé et cohérent : comme finalement on peut le percevoir dès les aventures de Gulliver ou même plus récemment dans Epic ou Les Minimoys. C’est l’accréditation qu’il existerait des mondes allant du petit à l’infiniment petit, et pouvant même aller jusqu’à la taille sub-atomique. Je revois bien là ces propositions dessinées dans les pages des BD Marvel des années 70, montrant des civilisations entières navigant entre particules et atomes, et imageant en fait la vieille théorie scientifique correspondante, riche de tant de possibles.

Réduire pour… disparaître et survivre ?

Car en effet (je n’ai pas encore vu Downsizing et vérifié si l’intrigue le prévoit) imaginez que dans le petit monde ainsi obtenu, on puisse de nouveau réduire les gens déjà réduits… et encore une fois, encore une fois, ainsi de suite sans fin. Vous me suivez ? On comprend de suite l’abîme au bord duquel on se place fébrilement. Et la finalité ultime de la problématique qui serait de faire disparaître purement et simplement les effectifs de trop dans la population : l’équivalent d’une désintégration sociale, ou pire ? A ce compte là, le vrai parallèle serait plutôt du côté du rayon mortel du dôme de l’Age de Crystal.

Pour finir, on peut apprécier aussi que « downsizing » retrouve ici son acception première, en tout cas plus pratiquée dernièrement. Ce après celle plus managériale et comptable exprimée dans les années crise et restructurations, montrée cash par un Michael Moore inspiré dans son livre-documentaire « Downsize this!« . Il m’est arrivé, au détour d’une tour de la Défense où je travaillais, d’entendre ce genre de terme pour évoquer un plan de restructuration (pardon, « d’optimisation des ressources humaines ») : « On va donwsizer l »équipe, y’a du gras à couper« .

Peut-être serait-ce un interstice à exploiter d’ailleurs, entre anticipation et critique sociale, pour une future série tv tirée du film ? Imaginez une « brigade du downsize », parcourant les rues et réduisant les gens sur critères d’obsolescence productive ou de sanction juridique… Je tends la perche aux producteurs 😉

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