Hollywood, son ADN et ses spectres…

L’affaire Weinstein n’en finit plus de secouer le gotha hollywoodien et pas que, dans un mouvement qui prend désormais une forme mondiale et globale se répandant dans les autres univers pro. La grande lessive en somme. Mais pour rester dans le domaine du cinéma, peut-on dire que l’on découvre non plus, au passage, les moeurs d’un milieu qu’on ignorait totalement ? Y compris dans leurs histoires. Films et séries multiplient depuis des décennies la diffusion d’une image soumise de la femme face à l’homme. Une femme objet au seul service d’hommes de pouvoir, d’influence, de médias, etc.

Alors bien sûr, c’est de la fiction. Mais on ferait bien de revoir ces images ces jours-ci. Et de se demander si elles n’ont pas -à un moment ou un autre- joué un rôle facilitateur, désinhibant pour ceux qui comme ce producteur ne vivent pas sur pellicule. Mais s’y frotte de trop près pour se rêver une autre vie, un autre moi qui n’est pas eux. Non, Weinstein n’était pas un Apollon et comme par hasard il visait les plus belles femmes croisées non loin des plateaux et dans les Festivals…

Le pouvoir corromps et rend dingue dit-on. C’est vrai. C’est pourquoi on lui donne des gardes fous, des vigies pour le contrebalancer dans ses errements. Où étaient ceux d’Hollywood ? Ah, ils n’ont jamais été prévus ? Ah, tout le monde était ravi depuis les débuts de cette industrie, de sa folie inhérente et de son delirium si grisant ? Apprenons de nos erreurs, même si c’est tardivement et réparons les injustices et blessures.

Nous ne sommes pas dans le règne animal et nous pouvons donc espérer nous améliorer. Il faut le croire sans faille, sans faiblesse et avec zèle. Commençons alors par donner à voir autre chose que des hommes dominant des femmes sur les écrans. Petit rappel non exhaustif des pires égarements :

  1. le prod’ vicieux en héros sublime… « Swimming with sharks ». Un film intense, magnifique de cruauté mais très dérangeant tant il banalise la violence hollywoodienne, la démence professionnelle ramenée à une simple méthode de management. Et qui implique la star qu’on connait… elle même prise par des affaires d’harcèlement de ce type. La boucle est bouclée
  2. le patron des médias consommateur de femmes… « Mad Men ». Certes, c’était les sixties et l’ancien monde, la préhistoire de la modernité… mais il constitua le socle de toute une industrie médiatico-pubardo-téléviso-branchée, où se sont fixé des genres et des postures. Où il est branché d’être tueur, prédateur, consommateur frénétique de tous plaisirs
  3. le dieu des affaires misogyne et lourdingue… « Dallas ». Quel homme ne s’est pas rêver à la place de JR Ewing, le patron texan vicieux, blindé de pétro-dollars et collectionneur insatiable de conquêtes sur talons. Là aussi, beaucoup de violence dans ce qui n’est qu’une banalisation de la possession guerrière des femmes. Alors certes Bobby était là pour apporter la touche romantique et respectueuse du sexe opposé… Mais est-ce suffisant ?
  4. le beau gosse macho et sans sentiments… James Bond. Une série de 27 films, sur 50 ans, montrant toujours ce même héros brutal, dominant et alignant les aventures féminines comme les Martini vodka et les poursuites en voitures de sport. Désuet, caricatural, manichéen mais jamais corrigé dans la forme. Quand Bond aime, la fille meurt… c’est dire. Condamné à son sort l’espion ? Celui bête et méchant d’être une machine de domination ?

Bien sûr, ce n’est pas tout. Il y a aussi de beaux personnages d’hommes respectueux des femmes. Mais ce sont rarement les héros, en tout cas les « bad boys » qu’ont aiment et qui attirent tant. Une contradiction qu’il faudra bien un jour sonder plus avant, et d’ailleurs sur le terrain des deux sexes. Car d’autres productions plus contemporaines véhiculent aussi un sexisme inversé, où la femme domine et consomme, comme… le pire des hommes. Citons quelques personnages forts, comme aujourd’hui Andréa Martel (série 10%), ou hier encore Gabrielle Solis (Desperate Housewives)… Mais question : est-ce qu’une série qui raconterait les aventures d’un couple équilibré et paritaire… intéresserait autant les foules ?

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