Fuck ya 2016, dirty bitch

Terrifiante. C’est le seul adjectif qui me vient à l’esprit pour l’année 2016 qui s’achève ce jour… Au plan personnel, ce fut en effet une rude année de rupture totale, personnelle et familiale. Le genre de cap dont on ne se remet pas, mais contre toute attente… je tiens debout pourtant et je ne m’étendrai pas plus sur le sujet.

final-cutJe vois que sur Twitter « Adieu 2016 » s’impose déjà, à moins de 20h ce 31 décembre, en top trendings… Et je recède à mon penchant pour la science-fiction, et ce film de 2004 avec feu Robin Williams, « The Final Cut ». Pas son plus connu au rayon SF, mais au thème très pertinent : l’acteur y jouait un monteur de vidéo mémorielle de vie, sélectionnant et récrivant les destinées au meilleur des individus demandeurs. Si j’avais sa grande table de montage sous la main (photo ci-contre), je n’hésiterai pas une seule seconde : au curseur « 2016 » sur la timeline, j’appliquerai directement la fonction erase. Même pas un record in archives… elle n’en vaut pas la peine.

header bowie clipsCar pour le reste, en me replongeant dans le calendrier 2016 en marche arrière, je suis sidéré de ce que j’ai moi-même écrit sur ce blog. Des plongées en apnée répétées et très anxiogènes que j’ai observées. A commencer par la déflagration de la mort de David Bowie en janvier : je ne m’étais pas rendu compte combien cet artiste britannique avait compté dans ma vie, pas toujours sur le simple plan musical. Inspirant sur moult directions, en total mode multimédia. Et j’ai eu -je me suis fait un honneur même- à défendre sa mémoire au regard de sa production vidéo, injustement sous-estimée par un journaliste de Libération… Comme quoi malgré tous ses efforts durant sa vie, on ne sait pas ce que la postérité retiendra de vous. Une leçon pour en profiter coûte que coûte, tant que le modjo et le sablier coulent en soi.

trepaliumEn février aussi, défense d’une production artistique française injustement dévalorisée : la série SF « Trepalium », qui nous montrait notre futur possible, au paroxysme du débord pris par le chômage dans la société. Toute cette année 2016, on aura causé en effet de cette fameuse « indemnité sociale » ou dite « revenu universel« , qui nous éviterait définitivement le non emploi appauvrissant. La survie sous perf’ financière pour payer ses « abos » mensuels, plutôt que la résolution des maux sociaux ? A méditer d’autant qu’une autre série, US celle-là, réalisée avec beaucoup plus de moyens donc, gratte le même thème : « Incorporated » critiquant sans réserve notre mix de technologies débridées, extrêmes sociaux et individualisme forcené.

attentats-bruxEn mars, bien sûr, les attentats de Bruxelles ont écrasé à nouveau la conscience collective à travers la double lucarne du web temps réel et de l’info tv continue. On s’était à peine remis de Paris, en novembre et du Bataclan… On ne sait plus, vu que la série noire a continué depuis sous d’autres latitudes, si l’on doit suivre ou pas cette dramaturgie pour s’informer et réagir, ou s’il faut s’en couper. On a pas été préparé à cela à l’école, durant notre formation, dans nos familles… on est une génération en théorie à l’abri des conflits et des morts, puisque la 3ème Mondiale n’a pas eu lieu… Tant que cela ? Il faudra un jour s’interroger sérieusement sur l’habituation de nos esprits à ce théâtre de mort permanente où tous les genres se mêlent : fictions, jeux vidéos, actualités, publicités… Un vrai rouleau compresseur.

En mars, le réseau social américain Twitter prenait dix ans, nous aussi… mais en me relisant je me dis que nous avons peut être pris bien plus que cela sur cette année 2016. Que le temps a compté double ou triple.

nuit debout ldupin 1La violence donc, mais aussi la capacité humaniste. En avril, je passais par hasard, étant alors en mission sur Paris, à l’un des sittings du mouvement « Nuit Debout », tenu place de la République à Paris… celui-ci n’a pas passé l’automne et sans doute le froid. J’étais très étonné par ce mouvement qui me replongeait dans les AG étudiantes de ma jeunesse, tout en me faisant noter la différence primordiale que personne n’a vraiment noté à l’époque : c’est dans la rue que cette jeunesse cuvée 2016 se mobilisait ! Ni dans des facs ni devant des entreprises. La rue désormais, comme seule univers, frontière et théâtre. Signe d’une génération perdue en manque de repères et de chez soi ?

A partir de mai… mon flux s’est tari sur ce blog, je l’avoue. Le personnel et le privé ont rattrapé l’envie de témoigner, partager, écrire… qui me reste indubitablement chevillée au corps, depuis mes années de journalisme. C’est la première fois de ma vie que je me suis autant asséché sans réussir à en sortir. La volonté a cédé. Et quand j’ai pu enfin reprendre une écriture, ça a été pour revenir sur l’événement le plus marquant de cette année 2016 : l’attentat de Nice du 14 juillet duquel mes fils et moi avons réchappé. Je sais que j’ai eu même du mal à être cru, au sein de ma propre famille, tant cette tragédie nationale venait s’ajouter comme un affreux « cherry on the cake » au dessert personnel indigeste de l’année. C’est ainsi, « les emmerdes, ça vole toujours en escadrilles » disait bien avec imagerie Jacques Chirac. Je me souviens aussi de ce collègue journaliste qui un jour, parlait devant moi par téléphone à l’un de ses amis : il sortait alors d’une passe difficile. Il l’avait résumée ainsi : « la scoumoune verte ». Je ne sais ce que la couleur verte peu rajouter ici au terme pour le rendre avec encore plus d’acuité, car elle est pour moi synonyme d’espoir et d’air. Mettons.

Mais pour rester dans cette analogie chromatique, disons que je nous souhaite à toutes et tous, outre un bon réveillon ce soir, d’effacer le noir et le sombre, le rouge et le sanguinaire de 2016. Donc pas l’année toute entière comme Robin. Apprenons de nos erreurs, corrigeons nos excès, restons obnubilés par le bien de nos êtres chers… et colorisons donc 2017 du mieux que nous le pourrons. See ya.

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