Interview pour le quotidien « Le Soir », sur Hanouna le « buzzocrate »

logo lesoir v2Comme tweeté hier, le « jus » de mon entretien avec le journaliste Maxime Biermé a été publié ce mercredi 16 mars dans une double page d’enquête et analyse du quotidien Belge « Le Soir » : elle figure en section « culture » et sous la rubrique « Un jour, une polémique ». Ca fait suite à ma note sur LePlus/l’Obs (26,4K vues) qui avait retenu l’oeil de la rédaction belge. J’ai été interrogé aux côtés de Nicolas Baygert (doct. en sciences de l’information) et Virginie Spies (maître de conférence en Avignon).

hanouna 6Sous le titre très accrocheur « Cyril Hanouna, le premier roi de la buzzocratie », le journal a voulu décortiquer le phénomène média, mais aussi sociétal et même politique. Je vous pointe le lien de l’article en ligne, mais vous précise de suite que… vous devrez être abonné pour pouvoir le lire.

Par respect pour mon interviewer et leur modèle économique, je ne reproduirai pas ici in extenso son papier, mais pointe juste les principaux axes de réflexion développés avec lui et qui me semblent signifiants. Ce sont pour moi des signes de retour au rationnel, sur l’analyse du phénomène Hanouna et des bugs de son émission sur D8 « Touche pas à mon poste ». Avec quelques jours de recul après « l’affaire Chameroy » et celle de l’enquête du magazine Society, oui on peut s’accorder cette prise de distance…

  1. hanouna le soir captuun animateur et un show « Frankenstein » : ce n’est pas du tout une insulte à son endroit, ni pour son public. Mais je pense que l’émission -dans son emballement auto-centrée et ses délires en ligne incessants- dépasse ses concepteurs. Le driver de l’audience masque pour l’heure la remise en question… mais elle viendra assurément, c’est même sain;
  2. le marqueur social media : le sigle « TPMP » claque en hashtag sur Twitter et au comptoir du coin. Mais il n’est pas le premier : la télé-réalité et les télé-crochets sont passés par là (« ADP« , « DALS« …), ainsi que les débats politiques : « ONPC« , « DPDA« , etc. sont autant d’acronymes que de rendez-vous immanquables pour un certain public connecté. C’est la « social tv » défouloir et commentatrice : nouveau sport de la sphère médiatico-web sur l’entière planète;
  3. un public réceptif : si Hanouna et TPMP marchent, ce n’est pas anachronique par rapport à l’époque. Pour rappel, le niveau moyen d’étude en France ? 14% de la population seulement au-dessus de bac+2… Et une virée en soirée sur les réseaux sociaux suffit à montrer les sujets d’intérêt. Ce n’est pas péjoratif mais juste un constat. Un talk-show de philosophes, académiciens et sociologues n’aurait aucune chance sur D8 sur la même case;
  4. le camelot harangueur : on analyse un peu trop Hanouna comme un « phénomène » (lui-même semble s’en lasser) alors qu’il n’est en fait qu’un… amuseur zélé. Le fou du roi (ex camelot de formation sur les marchés) expert en pirouettes, animation de stands et secouage de plateaux. Mais comme dans toute place de marché, la concurrence n’est jamais loin qui peut bouleverser les faits acquis du jour au lendemain, et faire détourner de son produit star ou de ses tarifs attractifs…;
  5. le self made man au point de bascule : sorti de l’école du business de rue, formé chez le déconneur Michaël Youn sur M6, adoubé par les anciens (comme Pat’ Sébastien)… Hanouna est à un tournant de son parcours. Soit il s’entête et épuise son filon, soit il passe le cap supérieur. Sera-ce le rdv de Canal Plus la saison prochaine, sous le coaching de Dominique Farrugia ? On ne peut que le lui souhaiter. Ainsi que de peut-être s’équiper dans sa team d’un binôme, d’un « contrôleur » de ses délires, qui le canaliserait un peu pour plus d’efficacité. Quelqu’un qui -dans son jeu- saurait le remettre à sa place.

hanouna 5J’ai aussi discuté avec M. Biermé du fait que Cyril Hanouna concentre actuellement sur lui les viseurs lasers… Tant que son audience ne dérangeait personne sur la TNT et sur une case « ventre mou » des grilles des chaînes de télé, on ne le voyait pas. Mais désormais avec l’explosion de son audimat, de ses compteurs sociaux, de son ascension et de ses buzz médiatiques… il s’attire à lui des ennemis. Les bien-pensants et intellos of course -qui hurlent mais rêvent secrètement d’un pareil succès- mais aussi les jaloux qui l’environnent, et enfin celles et ceux que la « machine TPMP » peut blesser, parce que ça va trop vite, c’est furieux et totalement multimédia.

Attention : tout ceci n’est pas si futile qu’il y paraît… On a certes la télé qu’on mérite, mais elle joue aussi notre miroir sociétal et se pose comme une des bases culturelles de nos enfants. On peut donc avoir un peu d’exigences à son égard.

Pour compléter : relire ici la note « TPMP, phénomène télé déconcertant, comme le Loft…« ; et « Social-TV ou 36-15 maman je passe à la télé »

 

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