Le « CDO », ce métier du digital… très féminin

header clavier designOn se complaît bien sûr à décrier -non sans raisons et exemples- d’année en année le faible taux de féminisation des métiers et entreprises « tech ». Mais il est une fonction qui échapperait dernièrement à la règle : celle de « CDO », le « chief digital officer« , ou directeur(trice) digital dans la langue du Minitel. Il est le garant et maître d’oeuvre des politiques de transformation digitale menées dans les grandes entreprises, un peu à la manière de ce que furent les « directeurs(trices) e-business » au début des années 2000. C’est à dire en sus des directeurs(trices) informatiques et autres DSI…

Vous doutez de cette féminisation là ? Voici ci-dessous quelques cas emblématiques qui ne sont certes pas le tout, mais qui entraînent plusieurs secteurs économiques dans le digital, et pas des moindres au niveau des entreprises concernées :

cantaloube1/ automobile : le groupe PSA a confié les rennes de sa stratégie digital à Brigitte Cantaloube; elle arrive du secteur des médias où elle a débuté sa carrière puis des géants du web, en provenance de Yahoo. Elle sait cependant garder ses pieds sur terre, et n’hésitait à pondérer son entrée en numéri-land : « Je suis une digital active, pas une digital native, donc je fais la part des choses ».

lubomira2/ cosmétique : chez L’Oréal, Lubomira Rochet oeuvre depuis un certain temps déjà et y gagne donc aussi en visibilité et maturité, elle qui avoue être « sans cesse contactée sur Linkedin par des CDO nouvellement nommés au sein de leur entreprise, pour leur prodiguer (des) conseils« . Pour autant, elle garde la tête froide, elle qui a compris que « le premier sujet, ce n’est pas d’être intelligent, mais de s’adapter à cette culture (d’entreprise de l’Oréal)« .

antonia3/ spiritueux : chez Pernod-Ricard, Antonia McMahon a le titre de « Digital acceleration director ». Elle venait de l’édition et est passée par les agences web conseillant à tour de bras les entreprises en voie de « transfo » numérique… Formateur. Pour notamment être capable de pondérer : pour mélanger les équipes traditionnelles avec le monde du digital, et voir ainsi « le développement des compétences digitales (…) croître très rapidement« .

econocom4/ services informatiques : chez Econocom, Sandrine Godefroy est à la manoeuvre après un parcours « atypique » comme l’ont dit. Les médias, l’informatique, la banque… avant de rejoindre les services informatiques. Mais sans doute ce jeu varié de compétences est nécessaire pour une fonction qu’elle voit comme devant associer « un rôle d’animateur, de vulgarisateur et d’évangéliste« .

asseraf5/ assurances : chez Allianz, Delphine Asseraf, prend même de l’envergure en couvrant désormais les directions marque et communication, en sus du digital. Normal pour celle présentée dans la presse comme une « crack du digital« , qui décrocha le titre de « Jeune Manager de l’Année 2015 » et qui voit plutôt les difficultés comme des « challenges« .

delasalles6/ banque : à la Société Générale, Françoise Delasalles coiffe les ressources et l’innovation, mais surtout elle porte bien le projet de transition numérique du groupe. Et sait que le management est au coeur du dispositif digital innovant : « Si on manage aujourd’hui comme au 20ème siècle, on ne risque pas de faire entrer nos entreprises dans l’ère numérique« .

collin7/ services : à la Poste, Nathalie Collin est une pointure qui vient du secteur des médias et y a laissé sa pâte, notamment sur les négociations du fonds Google (nb : un cadre dans lequel j’ai pu la croiser professionnellement). Les Echos la voyaient aller « au secours de la Poste » lors de sa nomination; c’est dire.

Atypiques, communicantes et souples

Point sinon commun du moins fréquent de tous ces profils ? Des parcours souvent atypiques, des changements de carrière fréquents, de la mobilité et de l’innovation… La femme serait-elle perçue comme plus souple, plus inventive, moins protocolaire qu’un homme ?

Il ne faudrait pas alors retomber dans le cliché opposant une DSI forcément masculine (parce que pleine de développeurs et de responsables réseaux) avec une CDO forcément féminine (parce que nourrie de profils inédits et liés à la communication). Et en matière de cliché, que dire quand un titre de presse pro présente une « CDO » comme la « fée du numérique »… même si c’est l’intéressée elle-même qui émet cette notion ? Une femme est-elle forcément douce, gentille, bien attentionnée… par défaut ?

Et puis une tendance ne fait pas l’équilibre global ni l’amélioration durable. Sur ce dossier de l’Usine Digitale recensant les champions du numérique, on se rend compte que les femmes ne coiffent que… 9 profils sur les 40 présentés de CDO ! Et même sur le top 24 des CDO réuni par LinkedIn, là aussi il y a pénurie de femmes… Encore de la marge pour arriver à parité ! Mais on retiendra quand même que -du côté de l’Etat- l’exemple a été donné dernièrement, puisque les deux dernières Secrétaire d’Etat au Numérique sont des femmes : Fleur Pellerin puis Axelle Lemaire.

 

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