Business de l’influence : nouvelles métriques et conséquences

Plusieurs chiffres sont apparus ce w-e sur les ondes, accréditant l’idée que nous entrons dans la phase 2 de la « nouvelle » nouvelle économie : celle issue du web des contenus, des médias sociaux et de l’influence en ligne. Mais il faut aussi aller au-delà des chiffres pour voir leur réelle signification.

100K euros la chaîne vidéo

header influence businessLe premier chiffre concerne l’animation d’une chaîne vidéo par ce que l’on désigne désormais du nom de « youtubeur ». Soit un gars, une fille… qui fait dans son coin des petites vidéos sympas drainant une audience maousse kosto, bien au-delà des networks télévisés classiques. Pour les garder « at home », Youtube (soit Google) est prêt à y mettre les moyens de rétention : soit 100.000 euros par an et par tête de pipe. Du moins pour les 20 premiers youtubeurs les plus bankables. Un peu comme si l’on créait un « salaire » conventionnel pour animer un site de contenus, ce qui pourrait faire alors « jurisprudence » comme on dit dans le droit. Au-delà des 20 premiers déjà, comment va t-on rétribuer ? 50.000 euros pour les 20 suivants, et ainsi de suite au sein d’une hiérarchie, bref une grille… ?

Autre conséquence possible, exogène celle-là : et si demain, par exemple, Twitter se mettait aussi à payer ses tweeteurs influents, ou Instragram ses photographes reconnus, etc, etc ? Et donc, verra t-on un jour des agents de « VIP » des réseaux sociaux, afin de vendre leurs capacités créatives et/ou leurs forces de frappe promotionnelles ? Cela se fait déjà, mais informellement au sein des agences RP les plus à la page, ou d’experts indépendants aguerris aux deals business.

squeeziePassons aussi sur l’éventuelle « analyse » de la qualité des productions vidéos, quand il s’agit essentiellement de vidéos potaches ou de délires en ligne… Les Echos donnent une métrique ici : « les revenus de Cyprien par exemple frôleraient les 30.000 euros par mois, tandis que Norman gagnerait 100.000 euros par an« . Des grosses sommes en jeu qui peuvent et doivent faire réfléchir. Sur leur indécence déjà, en temps de crise même si l’on touche là le delirium du show-business. Mais aussi sur leur effet mécanique : car à la longue elles impactent sur l’économie du financement des films et notamment des courts-métrages permettant aux artistes de se faire connaître.

450K dollars le tweet

kim kLe second chiffre concerne la force de frappe d’un tweet de VIP. Sur le plateau de Médias le mag sur France 5 dimanche, Laurence Pieau, directrice de la rédaction de Closer, repointait l’info connue depuis fin 2015, à heure de grande écoute : Kim Kardashian, c’est 450.000 dollars le tweet sponso. Ok avec un compte comme le sien, à plusieurs millions de followers, ça peut se comprendre. Mais pensons aux dommages collatéraux. Car l’efficacité d’un tweet, même de VIP, ne se mesure réellement que depuis peu : depuis que Twitter a installé les statistiques sur ses comptes. Si Kim impose son tarif, serait-on en droit d’exiger transparence et publications de ses métriques ? Une agence « neutre » pourrait-elle se créer, qui valide et note ces données, telle un Médiametrie de l’influence 2.0 ? On voit qu’en France le sujet est encore « sensible » en effet, quand c’est par inadvertance qu’on apprend qu’un animateur télé s’adonne à ce sport

Sous un autre angle, d’autres VIP pourraient-ils demander des comptes à… Twitter, voire réparations s’ils n’ont pas été payés autant ? Et ce sans compter sur les réseaux de ces stars : car après tout, un compte influent n’est rien sans… ses followers et amis bienveillants. Du coup, question naïve : si je retweete ou like un tweet sponso d’une star, est-ce que… l’on partagerait les revenus ? Ne parle t-on pas de ci de là de la sharing economie, et de la co-construction… Nul doute qu’au pays où tout finit devant des avocats, on va nous pondre du contrat juteux à l’envie pour poser les bases de ce business.

Reste aussi le « tout petit détail » de pouvoir obtenir une lecture évidemment claire de ces tweets sponsorisés. Car une Kim Kardashian ne va évidement pas indiquer dans ses 140 signes ou par un smiley évident (de type alerte tel ⚠ ou 🔔; ou de type « monétaire » comme 💯, pour 100.000 euros…) quand elle est payée pour tweeter sur tel ou tel produit.

Bilan : si l’énoncé répété des chiffres témoigne d’un business en voie de maturation accélérée, on en reste encore de par les règles au temps du Far West…

 

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