La #compol, et ses accueils web, au début 2016

header compol partyLe raccourci « compol », vous connaissez ? C’est un signe de ralliement sur les réseaux sociaux (avec son immanquable « # », qui le mue en « hashtag »), pour tout ce qui cause de communication politique. Une sorte de pendant à la « dircom » bien connue des grandes entreprises mais qui ne parle pas ici de service ou encore de fonction précise. On est tout à la fois dans le phénomène de mode, d’appartenance sociale et de viralité sur les réseaux sociaux. Le truc trendy à ressortir en sorties mondaines, pour faire son branché. « Ouaip, j’suis blogueur compol, et toi ? ».

Du coup, comment y entre t-on quand l’on s’y intéresse, du point de vue du grand public ? Que voit-on émerger et surnager sur l’océan de nos contenus digitaux toujours aussi infobèses ? J’ai mené le test en me limitant à l’expression littérale « compol », pas à sa traduction. Car je pense qu’on ne boxe pas dans la même catégorie lexicale, mais aussi de sens : classique vs. modernité, généralité vs. spécifique. Les résultats des principaux moteurs de recherche de nos outils d’information en ligne usuels sont assez… inattendus.

  • visu afspsur Google : bizarrement le rang 1 est décroché par une page web au design totalement… « inbitable » (navré je n’ai pas d’autres mots qui me viennent). Du texte pleine page au kilomètre façon maquette de presse des années 80/90. Ca donne pas franchement envie. C’est pourtant la très sérieuse « Association française de science politique », flanquée d’un moderne « .info », qui l’a commise. Moderne juste pour l’intention : déjà sur sa page Wikipedia, on lit qu’elle a aussi pour mission d’assurer « une tâche de suivi et de coordination pour la communauté des politistes en France ». L’accueil du site propre est un peu plus lisible, mais ne renvoie qu’à d’autres pages dites en mode « nouvelle interface web », mais pourtant tout aussi mal fichues… C’est dense et aride. Ca ne veut clairement pas attirer le chaland, ou tout du moins le vulgus pecum.
  • sur Facebook : via le toujours aussi inefficace search interne du réseau (un scandale pas assez reproché à Zuck…), on tombe sur une page de professionnel informatique, ou encore une page de société de sécurité (!) car « compol » en espagnol, peut vouloir dire aussi « complementos policias ». Et a priori, ce n’est pas le seul sens voisin, puisqu’on cette langue nous livre aussi une page liée à la bio-technologie.
  • visu baron noirsur Twitter : ce soir du 8 février, les sujets chauds de l’actualité (comme Christine Taubira) croisent le lancement a priori réussi du House of Cards français (Baron Noir) sur Canal Plus, ainsi que le décortiquage avancé de la « compol » US et notamment démocrate, plutôt à la peine après le temps révolu du sémillant Obama. C’est immédiatement plus varié, et branché sur le cardio de nos consommations socio-culturelles.
  • sur Instagram : pas d’info thématique, mais l’indication que « compol » tombe 2095 photos à date. Ca semble peu au regard des 400 millions d’utilisateurs/mois . La 1ère d’entre elles est issue du compte d’un journaliste espagnol en Catalogne, Toni Aira. Et le reste du top 5 ? Que des comptes hispaniques… A méditer pour qui voudrait se refaire dans un recyclage politique post-pyrénéen après rinçage hexagonal ?
  • sur Vine : je déniche en insistant 8 publications, dont les 2 premières émanent du gouvernement français et remontent à 2014. Pas franchement attirant, du côté de la fraîcheur des contenus diffusés… Dommage, car 6 secondes d’arrière-scène des grands théâtres politiques, ça vaudrait le détour non ? Ca pourrait même faire l’objet d’un blog « compol » assez séduisant, dans la perspective des prochaines présidentielles.

Quanti, quali et déductions

Côté « quanti », pour revenir à Google, une requête « compol » dénombre ce soir 220.000 pages de résultats, là où la plus clair « communication politique » en rassemble elle plus d’1,5 millions. Pas photo. Il y a peut-être quelque chose à réfléchir, au delà de la sémantique, et portant plutôt sur la diffusion des idées et des relais qu’elles prennent. La clé d’entrée « compol » est-elle la meilleure qui soit ?

header attaliEt parmi ces relais, comptent les fameux spin doctors. Il est symptomatique de voir qu’une requête « compol + séguéla » n’aboutit pas à des contenus parlants de ce sujet… mais plutôt au terme de « compilation ». Un sens caché sur l’action de ce grand conseiller des grands animaux politiques français ? Même constat aussi pour un Attali. Ce qui nous indiquerait donc tout simplement que les conseillers politiques ne se nomment pas forcément par le prisme de la « compol » : qui serait plus un vocable d’observateurs, de citoyens ou de « spécialiste de la spécialité ».

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s