Réseaux et social data en situation de crise

header datacrise smc[MaJ 21/01, 17h] – Le débat fut hyper passionnant et utile, hier au Player et avec le SMC France, portant sur le thème des réseaux sociaux face aux attentats de Paris, c’est à dire face aux situations de crise. Plus exactement en quoi la mobilisation sur les réseaux sociaux et la social data qui en ressort, est désormais un facteur à prendre en compte pour les acteurs naturels que sont les médias, l’Etat, les citoyens engagés, etc. Et comment y parviennent-ils.

lemarchand picPremier constat : les attentats du 13 novembre à Paris ont pris tout le monde de court. J’ai déjà décrit sur ce blog la situation anxiogène que chaque individu connecté/informé ressent désormais, en mode multi-écrans. Chez les « pros » c’est encore un autre stade. On sentait bien dans les propos sincères de Grégoire Lemarchand (AFP) que malgré le professionnalisme et la bouteille, on est jamais tout à fait prêt à ce genre de situation… Notamment face à l’afflux massif de données/contenus à collecter, traiter, recouper avant publication sur le fil AFP. Un travail intense, minutieux, mais nécessaire à faire valoir l’éthique journalistique et son « plus produit », notamment face aux nouvelles concurrences des sites de buzz, blogueurs et réseauteurs. « Dans la profusion de contenus, il nous faut écarter les rumeurs, trouver les contenus à exploiter ». Pour éviter les reprises précipitées et presse bouton : « Le soir du 13 novembre, un tweet qui a été retweeté 17.000 fois évoquait des tirs à Belleville, République… mais rien ne se passait ».

Ce qui ne veut pas dire qu’il faut se couper des réseaux sociaux : « ce serait une faute professionnelle », dit Lemarchand sans ambages. « Dans la salle de rédaction, il y a TweetDeck sur tous les écrans ». Et pas d’autres réseaux sociaux, ni compteurs généraux ? « Twitter, c’est le lieu où la breaking news arrive ».

Indymedia, le retour ?

excel vizovA propos de réseauteurs justement, l’initiative de Visov (présentée par Marina Tymen) est significative de ce nouvel espace de médiatisation pris en mains par les citoyens, par-delà les médias officiels : une sorte de réseau d’alerte, façon Indymedia au début des années 2000, qui assure un suivi des faits buzzés pour en faire des faits assurés. Le tout notamment via une simple feuille Spreadsheet en partage, qui liste et sert de tableau de bord. Il s’est même doté de son propre acronyme : les #MSGU, pour « médias sociaux en gestion d’urgence » à qui le gouvernement français a dédié d’ailleurs une page explicative, prenant très au sérieux cette initiative.

Sympathique et convaincu dans son intention de départ, je reste quand même un peu surpris que ce réseau (que je questionnais sur ce point précis durant le débat) recrute ses membres (les visoviens) par simple « formulaire à remplir ». Précisions fournies par Marina post débat : ce formulaire, c’est pour « ouvrir » un peu le réseau; car on y rentre bien par « cooptation/connaissance à 80% ». Certes, ils disent ne recruter personne pas « temps chaud ». Mais après tout, comme terroriste « dormant », je pourrais aussi très bien m’engager dans ce genre de services… et y apprendre des choses sensibles ?

Veille de l’Etat et obturateur

pigenel picRomain Pigenel, « n°2 du SIG » comme il se présente, venait faire la parfaite jointure au niveau des services de l’Etat. Dont la préoccupation principale est d’assurer une veille temps réel de ce qui se passe, pour servir d’obturateur laissant filtrer l’essentiel aux hommes politiques en charge des drames, « afin d’éviter affolements et confusions ». Ok, ceux-ci sont pourtant parfois personnellement connectés à Twitter et peuvent l’utiliser intensément : quelque chose qui ne peut être interdit, au contraire même, puisque le digitalisation pousse l’attitude inverse dans les entreprises et administrations. Mais « le SIG produit des notes de veille, faisant référence ». En gros, le doc’ ressource fiable vers lequel on retourne pour se tranquilliser.

Il est un peu étonnant de constater finalement que, malgré les moyens et intentions, il n’y avait pas eu de simulation de cette ampleur prévoyant justement une gestion de crise et son process précis. Le qui fait quoi, avec quels moyens et pour quels objectifs ? Ce qui ne veut pas dire que le sujet est clos ou intouchable : « Nous nous sommes revus en décembre avec le Premier Ministre, Axelle Lemaire et les acteurs du web, pour revoir nos procédures et actions ».

Le mot de la fin (temporaire) reviendrait alors à cette phrase tweetée par Rozenn Nardin, qui dit l’enjeu avec style : « la nature des événements ajoutée à leur hyper-médiatisation fait émerger la nécessaire implication de différents infomédiaires ».

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