L’intelligence artificielle, possible dès demain matin ?

oeil robot science fictionOn en était resté à la science-fiction. Celle qui nous prédisait une intelligence artificielle essentiellement robotique, informatique, électronique… c’est à dire confinée à un super ordinateur gonflé à la ramette mémoire et aux processeurs sur-puissants. Ainsi en était-il des flippants Hal 9000 dans le film de Kubrick « 2001 l’Odyssée de l’espace », ou WOPR le supercalculateur militaire de « War Games« . C’était aussi, plus prosaïquement et gentiment, les navigateurs-ordinateurs des vaisseaux spatiaux comme ceux des dessins-animés Ulysse 31 (Shyrka) ou Capitaine Flam (Cyberlabe). Bref, des systèmes qui géraient, aidaient, assistaient l’humain. Et avaient en commun de ne pas être incarnés, esthétiquement parlant.

header GITSPuis les années 2000 ont amené une autre forme de (pré)vision. Comme celle vue dans dans le manga « Ghost in the shell« , où déjà le réseau connecté devient cette forme de supra-intelligence autonome qui n’est plus confinée, plus limitée. Et puis il y a aussi l’interface personnelle intelligente (l’OS du futur ?), comme celle décrite assez poétiquement dans le film d’anticipation « Her ».

Une fois de plus, la réalité rattrape la fiction. Car plusieurs technologies imbriquées les unes aux autres donnent aujourd’hui la possibilité de définir les nouveaux contours d’une « IA » beaucoup plus accessible, beaucoup plus proche de nous. Quels en sont ces composants ?

  • la commande vocale : délivrés de devoir taper au clavier nos injonctions numériques, les systèmes informatiques sont comme « forcés » à devoir mieux nous comprendre. Et déjà nous écouter.
  • le cloud généralisé : l’informatique de réseau et de serveur d’hier est finie, dépassée… désormais les données naviguent d’une point à un autre au sein d’un système étendu.
  • la géo-localisation : qui permet aux systèmes de nous suivre à la trace et nous « gérer » littéralement en tant que points nodaux, ainsi que de se déplacer eux-mêmes au sein du réseau.
  • la domotique débridée : tout est gérable à distance, pilotable du bout des doigts et d’un smartphone, et donc demain par une « IA » qui nous suppléerait…
  • l’interface auto-apprenante : celle que nous proposerait Viv, et visant l’autonomie de fonctionnement…

Lors du Grand Débat du Web n°8, auquel je participais, nous avons évoqué ce Viv, cette nouvelle future « appli » dite révolutionnaire et présentée comme l’évolution de Siri. Pour moi, cette application est surtout la suite logique des tendances technos listées précédemment. Elle veut incarner ce que le cinéma SF a longtemps dessiné : l’interface informatique quasi humaine avec qui l’on peut causer. Zuckerberg ne dit-il pas « je vais faire Jarvis » du film de Marvel Iron Man, quand il évoque les futurs projets « IA » de Facebook ? Le vrai risque étant quand tous les systèmes s’inter-connecteront, sans limite, et que leur taille deviendra bien trop grande, les dépassant eux-mêmes… Un simple « défi d’ingénieur qui finira en B2B », pondère E. Parody avec rationalisme, pas forcément inquiétant donc et une problématique d’algorithmes allant s’améliorant. A voir.

Le cerveau numérisé, la neurone boostée

visu ia filmCar sait-on vraiment ce qui se passerait quand tous ces systèmes auront muté, engrangé et surtout fusionné ? C’est à dire évolué au sens anthropologique du terme. En garderions-nous encore un minimum de contrôle, sous leur couvert et leur approbation ? Que nous prédit la SF ici ?

J’avais déjà un peu réfléchi au sujet par le biais du thème du « futur of brain » pour LeWeb 2014. Le grand salon web voulait, pour sa dernière édition à date, rapprocher humanité et technologies. Ce cap me semble dessiner ce futur là. Voici alors une sélection de courts métrages à revoir sous cet angle de l’IA à portée de mains… notamment « The final moment of Karl Brant ».

Et quant à imaginer précisément une « IA » fonctionnelle et co-habitant avec les humains ? Là aussi, quelques récents courts métrages d’anticipation nous montrent une voie parfois inquiétante…

  • ARI visula prise de contrôle, la correction : dans « Singularity« , l’I.A est implantée dans le cerveau humain pour « l’augmenter », l’améliorer. Jusqu’à l’énerver ! Dans « Immersion« , c’est un programme curatif pour traiter les tares comme les pulsions criminelles.
  • la domotique intrusive : dans « ARI« , l’I.A équipant un appartement ultra moderne finit par gêner son propriétaire…. qui ne peut plus s’en passer et va même en souffrir directement.
  • la sauvegarde ultime : dans « Robbie« , l’I.A est embarquée dans un robot de la Nasa envoyé dans l’espace qui devient… la dernière mémoire humaine après l’extinction de la planète.
  • l’émotion incontrôlable : dans « E.M.M.A« , c’est la gestion de l’émotion qui ruine une I.A personnifiée dans des androïdes… qui ne tiennent pas le coup.

Mais je ne voudrais pas finir sur ces notes trop anxiogènes et alarmistes. Gageons que les ingénieurs planchant actuellement sur le sujet sont aussi… des grands spectateurs de cinéma SF ! Et qu’ils sauront donc anticiper sur les risques négatifs issus de dérives ou d’absences de gardes fous. Car le travail du législateur, malheureusement, viendra comme toujours bien après pour tenter de corriger par des lois.

 

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