15.000 followers (et conséquences)

header twitter 15.000Ok c’est un cap. Sur Twitter, et en général dans ma vie en ligne, je ne m’en fixe aucun ni ne revendique quelque titre que ce soit. Mais je surfe sur la vague et sais apprécier ce qu’elle m’amène de positif. J’ai franchi ainsi le seuil des 15.000 followers le 15 décembre dernier, avec l’abonnement d’Eric Connehaye. Marrant tiens, je n’avais pas remarqué cet écho du chiffre 15 ! (*)

Pour reprendre l’approche quanti et comparative, 15.000 comptes Twitter, c’est quoi au juste ? J’aime bien l’analogie urbaine : c’est l’équivalent de la population des villes de… Bry-sur-Marne, L’Isle-d’Abeau, Wittenheim ou Montargis par exemple. Ramené au Zenith de Paris, il faudrait 2,5 concerts en salle comble pour réunir ce nombre de personnes. Ca me surprend toujours de rassembler cette audience au fil des ans, même si le journalisme m’a appris auparavant à gérer cela. Hé oui, ce qu’on écrit ou communique est bien lu par quelqu’un de l’autre côté du journal ou de l’écran.

Je dis bien l’équivalent car je n’ai jamais « branché » quoique ce soit sur mon compte : pas d’achat de followers, pas d’abonnements massifs, pas de tricheries. Juste du naturel, une animation régulière et fidèle à mes sujets de prédilection. Et à mes p’tits tropismes comme la #dansedesmots ou #aietech, qui avaient bien plu aux Inrocks entre autres. Des sujets trendy ? Oui, j’en tweete de temps à autres, mais quand ils m’intéressent ou parlent à mon oeil (design, BD, SF…) ou à mon oreille (pop, electro…).

Les 4 effets du « gros » compte

Alors bien sûr, dans l’univers professionnel, c’est « un » sujet. En différents lieux et secteurs où j’ai évolué depuis que je suis sur Twitter (mars 2009), j’ai souvent constaté une approche très « basique » de la chose. Le chiffre devient une étiquette réductrice. Parfois légère à porter et accélératrice, parfois lourde et handicapante. Tout dépend en fait de l’intention de vos interlocuteurs et de l’effet produit sur eux. J’en repère au moins quatre :

  1. l’effet pitch : vos interlocuteurs vous rencontrent et/ou vous présentent et chopent au passage cet élément de bio, comme une baseline si aisée, un moyen de vous introduire. Vous devenez alors « l’homme (la femme) aux x mille followers« . Pas simple à porter quand cela zappe un peu vite le reste : et surtout quand vous ne le revendiquez pas vous même ! Attention : il est important de vite corriger vous même le tir (en réunions, en discussions informelles…), et d’aborder d’autres angles de votre vie digitale ou de celle de vos interlocuteurs. Un atout un jour, peut devenir une raillerie le suivant, surtout si la culture commune n’est pas très connectée. Twitter n’est pas en effet une fin en soi, ni un aboutissement social. Comme je le dis souvent pour relativiser : quand on aura inventé les hologrammes 3D, on reparlera alors de ces « nouveaux réseaux du futur » !
  2. l’effet alien : conséquence et aggravation de l’effet 1. Vos interlocuteurs ne connaissent pas Twitter, ou s’y sont abonnés très récemment. Ils découvrent le sujet en s’intéressant à vous et n’y comprennent rien ou presque. Vous êtes un alien pour eux avec parfois les travers d’a priori qui vont avec : « quand on tweete, on ne travaille pas« , « il faut avoir un ego démesuré pour tweeter autant« , « tout ça, c’est que du buzz inutile« , etc, etc. Attention : il faut savoir y répondre plus fermement, et en profiter pour se poser les bonnes questions en terme de formation des équipes qui vous environnent, de diffusion de la culture numérique, etc. Ne pas connaître Twitter en 2010, ok. Mais 6 ans plus tard, c’est carrément de l’ordre d’une faute professionnelle dans la communication et le digital.
  3. l’effet d’envie : vos interlocuteurs connaissent et pratiquent Twitter, mais l’ont fait après vous. Donc, naturellement, ils se comparent. Attention : ce stade peut aisément virer à l’envie ou pire, ou au moins à la comparatite aiguë. Une maladie courante en entreprise et dans la vie en général, qui fait qu’à un moment ou un autre, le patron de PME, le PDG du groupe, le directeur du service ou même le partenaire business se dira secrètement… « mais pourquoi j’en ai moins que lui; je suis quand même plus intéressant et plus important !« . Ici chacun voudrait que Twitter naisse avec lui et lui apporte au moins autant qu’à vous, mais plus vite. Un phénomène déjà vu avant, au temps des blogs
  4. l’effet de contrôle : vos interlocuteurs vous flattent (« Oh que tu as un beau réseau ! « ) mais vous envisagent comme un levier, un outil à utiliser dans leur propre stratégie de communication digitale et marketing. « Dis tu peux pas le RT le p’tit tweet sympa sur notre opé’ promo du mois ?« , « Ben quoi, le CP des résultats financiers, t’as pas déjà liké et pushé en DM aux twittos influenceurs de ton réseau ?« . Hé oui, tout le monde ne s’envisage pas comme une rédaction de presse ou une équipe éditoriale ouverte et innovante, où le libre arbitre est un pré requis ! Ce qui vous impose bon gré mal gré un choix : y participer ou pas, cautionner ou pas certains messages ou thèmes pouvant être lointains des vôtres. Or la cohérence est un gage de crédibilité sur les réseaux sociaux.

Rencontres boostées

mixerOutre ces effets de bord qui peuvent se cumuler, reste le plus essentiel : les interactions et les rencontres créatives. Twitter, comme d’autres réseaux sociaux, est un puissant accélérateur de particules. En formation, je le présente souvent comme un « télex personnel, participatif et communautaire », qui relie des gens et des causes qui n’auraient pas pu le faire (ou plus difficilement) sans cela. Pour reprendre le nom de ce blog, c’est en fait un énorme mixer : on y met des ingrédients hétérogènes, et on ne sait jamais -selon le dosage et la vitesse de mixage- quel subtile ou effroyable met il va en ressortir.

Dans mon cas, mes followers les plus en vues figurent du côté de… la #compol que je tweete volontiers ! Ainsi de Jean-Jacques Bourdin, Ruth Elkrief, Thomas Hugues, Nicolas Demorand, Serge Moati chez les journalistes, de François Hollande, Arnaud MontebourgFleur Pellerin, Benoît Hamon ou encore François FillonDominique de Villepin, Nicolas Dupont-Aignan etc, côté politiques. Suivent quelques animateurs tv, comme Nikos Aliagas (pas mal d’échanges avec lui) ou encore Matthieu Delormeau, le niçois d’origine Bertrand Chameroy. Rayon humour, je suis lu par Sophia Aram, Stéphane de Groodt mais aussi Patrick Sébastien, etc. Rayon international et tech, Kim Dot Com & Mike Butcher make my day comme on dit outre atlantique !

Bien sûr, une foultitude d’autres personnes moins connues me sont tout aussi précieuses sinon plus.

Un outil, rien qu’un outil

dexter serieTwitter fait partie de la trousse à outils du digital maker. Et comme tout outil, il n’a pas d’intentionnalité pré-définie. Prenons la parabole Dexter (la fameuse série policière de Showtime) pour mieux comprendre : un marteau peut permettre de sculpter du bois et réaliser une oeuvre artistique raffinée; mais il peut aussi… défoncer un crâne et tuer ! Entre ces deux extrêmes, il y a toute la variété des actions humaines que permet -sans jeu de mots- la dextérité.

Mon conseil alors ? Pour reprendre ce qu’on entend souvent dans les émissions de télé-réalité et de témoignages du quotidien : « soyez vous-même« . Il ne faut pas forcer le trait, ne pas modifier votre ADN, mais il faut aussi rester pragmatique et souple. Dans l’univers pro, peu de gens apprécient comme vous un réseau social juste pour… un réseau social. Peu de gens passeront à autre chose, si autre chose vient après Twitter. La finalité, l’utilisabilité sont au coeur des interrogations et des démarches. Il faut au moins prendre un temps pour les écouter et les adresser. Surtout avec Twitter, qui reste plus sioux à appréhender que Facebook.

Alors merci, encore, à mes 15.000 followers sur Twitter… et aussi au plus de 6900 que je suis. C’est beaucoup oui, mais c’est le gage d’un flux original, éclectique et surprenant. Merci aussi à celles et ceux qui réduisent, n’y comprennent rien, envient ou veulent contrôler. Toutes et tous m’avaient enrichi depuis près de 7 ans : pour les bons côtés qui transforment, comme pour les mauvais qui renforcent. Un conseil : sur Twitter comme sur toutes mécaniques d’audience, on trouve toujours son maître, on est toujours l’idiot de quelqu’un et on finit toujours par atteindre un seuil. L’important n’est pas de se comparer bêtement sur le quantitatif, mais d’échanger et apprendre, de découvrir et s’ouvrir, de… donner pour recevoir. Une règle de base de toutes les applications dites du « web 2.0 », qu’on oublie trop souvent…

Et que tout ceci doit se vivre idéalement avec élégance et (auto)dérision.

(*) si j’ajoute que mon fils aîné est né un 15 octobre à 15h15, je pense que je vais devoir… vite jouer au Loto.

Pour prolonger : relire sur ce blog la note sur Le cap des 12.000 followers, sur Le Plus la note « Et si Twitter disparaissait« , enfin sur le blog LeWebLab la note sur la « formation Twitter« .

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