A quel moment je balance mon contenu, dis ?

captu smc contentIl y a un peu plus d’un an, LeWebLab organisait une soirée de débat sur le thème « Content is dead« . Prophétique ? Le sujet était en tout cas en filigrane des échanges lors de la session du Social media club du 6 octobre soir, sur le thème de la « relinéarisation du web« . Trois experts et acteurs du web informationnel ont ainsi pu détailler leur expérience du sujet, et ce qu’ils en ont appris.

1/ Brief.me : le nouveau projet de Laurent Mauriac (ex Rue89) -une newsletter digest de l’info- porte sur un « travail de tri de l’info délaissée, en étant sélectif. Pour donner de l’info qui ait du sens« . Tout part ainsi de rendez-vous mis à l’intérieur du support, pour « proposer les mêmes choses au même endroit« . Ce sont aussi des « rdv graphiques : pour lire les choses dans un cadre confortable, rassurant,… Le contre-pied de ce qui clignote sur le web et les réseaux« .

L. Mauriac justifie ce choix du fait de l’existence de « pas mal de projets US quand on s’est lancé : comme Yahoo, qui part du principe qu’il y a un flux, qui ne s’arrête jamais« . D’où une certaine mode aux applications qui « mettent un point final » à l’information en ligne. Ce qui peut prendre la forme d’une sélection de contenu : par exemples les « 10 sujets et pas un de plus ».

Pour Mauriac, « les algorithmes nous enferment dans une bulle informationnelle. Les médias doivent plutôt ouvrir des horizons« … En terme d’horaires ? Il a rappelé que chez Rue89 on a tôt pratiqué la « diffusion d’articles la nuit, pour cibler les lecteurs noctambules« . Je le questionnais sur la pertinence de cibler aussi, dans ce créneau, les lecteurs francophones lointains (au Québec), mais ça n’avait pas été fixé à l’époque, bizarrement…

2/ Les Echos : la rédactrice en chef Clémence Lemaistre a d’abord détaillé les différents rendez-vous récents testés, comme du “serious fun” mis en place le w-e, « pour se vider la tête« . Le « moment » c’est aussi simplement celui du temps pour lire : d’où des papiers un peu plus longs, qui se parcourent davantage quand on en a la latitude. La responsable éditoriale on-line remet aussi en perspective ses expériences passées : « Sur 20min, on a testé il y a 3 ans de faire une grille comme en radio : nous sommes parti plus sur des moments, comme le déjeuner« . Et attention, c’est assez subtil et peu duplicable car « Aux Echos, le pic de connexion est à 11h… après c’est l’effondrement« . Déjeuner business oblige, dans les milieux d’affaires à la française !

Pour Lemaistre, « trouver le moment » c’est aussi faire de l’expérimentation éditoriale et social media : « Sur BFM : on a testé des pushs le w-e, le dimanche soir… Aussi ‘la question du jour’, qui est une forme de gamification de l’info« . Basiquement, trouver le moment, ce n’est justement… « pas que le bon moment, mais aussi ce qu’on y met : le titre d’article qui accroche« .

3/ Echobox : enfin Louis Daillencourt, d’Echobox, a surtout présenté la philosophie de son « outil pour aider les CM à partager« , dans une approche où « le quoi et le comment, sont déterminés par le quand« . Car il faut créer les conditions d’une interaction de qualité, au bon moment. « Nous donnons ainsi un score à chaque contenu, qui est une sorte de prédiction« .

Daillencourt notait aussi de façon assez iconoclaste « qu’il n’y a pas vraiment de bon moment sur FB ; mais des moments un peu moins pires (…) Je pense que FB et Twitter ne sont pas les réseaux idéaux pour diffuser des news…« . Manière de pointer que chaque partie -réseaux et médias- ont leur modèle économique et leurs intérêts propres.

Durant la session du 6 octobre, au Player, rue du Caire.
Durant la session du 6 octobre, au Player, rue du Caire.

Le moment ou… le happening ?

Bizarrement, les trois interlocuteurs ont assez peu parlé… de « live » sur les réseaux sociaux. Au sens où l’on ait pas forcément à pusher « quelque chose à vendre » (un lien, un contenu, une vidéo…) mais juste à organiser une prise de parole journalistique, un « moment d’information » temps réel et participatif. Après tout, c’est là le sens premier du « journalisme citoyen » tant et tant vanté.

Ma question sur ce sujet ne les a cependant pas de suite percuté… mais elle a du sens pourtant. Il suffit de se rappeler des rush de viralité vécus autour de l’affaire DSK (2011), ou encore de l’investiture d’Obama (2009)… pour mesurer la force de moments de partage, de « compte rendu émotionnel » et journalistique. Télévision et radio en sont certes les plus forts vecteurs actuels (autour des émissions politiques comme #DPDA, ou de radio comme #Europe1), mais au fond tout média aurait la capacité à le proposer. Avec ce massif impératif plusieurs fois rappelé dans la soirée : un bon sujet ne se prévoit pas, il s’accompagne.

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