Demain, la dissolution numérique ?

captu virtuJ’ai déjà exprimé ici et ailleurs mes nombreux doutes sur le futur numérique et technologique. Je les garde et les resserre même, pour me rendre ce 14/9 soir à l’atelier de rentrée de la commission #NextGenTV du Social Media Club. « Next gen »… ou plus exactement quels seront nos écrans de nouvelle génération demain ?

A bien y réfléchir, je trouve que la multiplication des écrans n’est même plus une tendance clé pour le futur. La moindre enquête atteste en effet que d’année en année le foyer français moyen crépite sur environ une dizaine d’écrans différents. C’est énorme et c’est à la fois rien. Pourquoi ? Parce que l’écran est une contingence : physique et géo-spatiale. Soit une taille limitée en un endroit balisé. A l’origine, écrans plats et 3D ne sont qu’une amélioration de la télé de salon de grand-papa hier…

Et je ne vois pas non plus la perspective des lunettes 3D comme un avenir durablement révolutionnaire. Certes, on peut désormais les appliquer à de vrais films et non plus des images numériques, mais bon. C’est aussi là très contingenté : un casque sur notre tête, ce que l’on ne peut décemment tenir plus de quelques heures, à moins de se désocialiser complètement. Et d’ailleurs, la technologie voisine des Google Glass a fait déjà long feu : une réalité augmentée, ce n’est (en l’état) pas si trippant que cela.

Alors quoi ? Je me suis souvent questionné en « SF » (science-fiction) sur ce qui définit réellement une révolution de l’imaginaire, une technologie novatrice totalement rupturiste. C’est à dire appuyée sur rien d’encore existant, rien à améliorer; mais tout à inventer. Les écrans nous paraîtront dépassés sous peu, qu’on les ait à bonne distance ou juste posés sur le pif. Non, les vraies ruptures sont ailleurs… Et plus précisément sur trois voies selon moi :

  • sur l’hologramme : à quelques encablures de la déferlante Star Wars VII, on va repenser de plus près à l’une de ses technologies clés, que celle de l’hologramme. Demain, des programmes ludiques entiers sous cette forme ? L' »holographic display » est une requête naturellement suggérée par Google, à plus d’1 million de pages de résultats…
  • sur l’immersion : captu secondlifelà encore, des films comme « Matrix » ou plus récent « A la poursuite de demain », nous ont montré les possibilités de saut entre plusieurs réalités. Sans aller jusqu’à la théorie bien scientifique des univers parallèles, sans doute que les expériences avortées hier de SecondLife, auront un second souffle, quand nous aurons le moyen technique (par la pensée stimulée, le rêve augmenté ?) de vivre totalement des aventures non réelles.
  • sur l’augmentation : qu’elle soit « inside eyes » comme dans le court métrage « Sight« , ou « body displayed » comme sur « True skin« , le cap commun est qu’une réalité « normale », simple, sans ajouts, nous paraîtra demain sans doute insupportable à observer et ressentir. Pas assez sexy ni dynamique.

Nouvelle(s) frontière(s) ?

Que risque t-on sur ce chemin ? Peut-être une nouvelle forme de frontière justement, ou réel et virtuel ne se combinent plus, ou information et spectacle ne se distinguent plus, ou sensation et projection se superposent… En somme, je nommerai cela une dissolution numérique se jouant entre nos neurones mais aussi dans une forme de réplique à l’approche « simple » de la bionique. D’un côté la chair et l’os augmentés de mécanique et de robotique. De l’autre, l’atome et le concret, confondu par le pixel et le songe éveillé. Et forcément, selon la prudence des usages ou au contraire leur boulimie (comme actuellement, le binge watching), on risque fort de s’y perdre.

podBien malins alors ceux qui inventeront demain… la box InDreams ou la console NewFrontier qui incarnera l’offre commerciale et tangible de ce nouveau monde. Se la pluggera t-on dans la colonne vertébrale ou le nombril, comme l’avait prophétisé le film « Existenz » de Cronenberg ? Le prochain USB, sera t-il USBiologique ? Et le législateur précédé de l’expert et du futuriste, qui devront cogiter sur quelques questions de premier plan : qu’est-ce qu’un écran dissout ? peut-on projeter sur tout et n’importe quoi ? Voire s’ouvrent sous nos doigts encore habitués aux zapettes, des interrogations portées à un plan bien plus philosophique : qu’est-ce que le réel ? peut-on tout déformer ? qui surveillera nos incessants va-et-vients réel/virtuel ? etc, etc. De quoi animer déjà… de nombreux programmes audiovisuels de prospective !

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