Du Food-porn au Food-Fou ?

cover beefJe n’ai pas de données scientifiques, juste un vif ressenti… Il s’est réveillé l’autre jour en kiosque de presse, à la gare du Mans. Je cherchais l’inspiration quand une couverture de magazine a arrêté mon oeil et m’a frappé au coin de la conscience : « Beef » de son nom. Je n’ai rien contre, et on m’a même glissé dans l’oreillette que c’est très bien fait. Certes. Mais quand même… une couv’ sur des saucisses merguez en gros plan ! Et pourquoi pas demain sur une tranche de jambon, ou l’intérieur d’un pot de yaourt vanille. On se croirait dans les pages d’une pub de boîtes aux lettres pour la Semaine du Cochon au supermarché du coin…

Le gros plan, c’est bien le point commun avec le « Food-Porn » si à la mode sur les réseaux sociaux, et dérivé du « fooding« . Montrer en photos ce que l’on fait cuire, ce que l’on a dans l’assiette, ce que l’on mange au bout de la fourchette… tout le temps, de partout. J’ai moi-même cédé à cette tentation, notamment en vacances quand je retâte de la bonne cuisine niçoise. Mais ça ne m’est pas vital.

S’y rajoute les émissions de télé sur la cuisine, les chefs et la bouffe. Perso j’ai arrêté à Hell’s Kitchen de Gordon Ramsay, que je trouve très bien montée et inspirant en terme de management d’équipes. Mais au-delà, j’ai eu l’overdose de toutes les autres émissions et concours à base de cuistots et de petits plats bien franchouillards : les Masterchef et autres shows déclinés.

Je parlais de pub postale, et en effet, on peut compléter le tir par tout ce que l’on reçoit de livrets promotionnels de supermarchés bardés de photos de barbaques, produits, vins… tout pour la cuisine quoi.

Impact social et sur la santé

Est-on à ce point une nation d’oisifs et de gastronomes repus qu’on ne pense qu’à manger, ripailler, se péter la panse et remplir le frigo ? N’a t-on pas d’autres sujets de partage et d’urgence ? Ne devrait-on pas penser (aussi) à soigner nos corps et économiser nos ressources ? Cet angle est assez peu présent au sein de cette folie médiatique et digitale, qui s’est emparée tant des professionnels que des amateurs : je la nomme le « Food-Fou », ou la « fièvre mangeuse ».

Un phénomène pas sans rapport avec des données sociales moins « glamour » : quand on voit par exemple que l’obésité touche désormais… l’Afrique ! Finis, les seuls Américains concernés par le problème… La pathologie s’est bien exportée.

Et on est pas au bout de nos surprises en la matière. Par exemple hier, nous fêtions aux USA le #NationalBurgerDay (top 2 sur Twitter dans ses tags), consistant en un concours du burger le plus big ou le plus fou-fou. On se propose aussi de cartographier les food-porners avec GoogleMaps ! J’oserais questionner le futur : à quand les imprimantes 3D de bouffe et plats de resto à la maison ?

//platform.twitter.com/widgets.js

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s