Canal et sa case access prime time : 4 problèmes, 1 solution

header guignolsProblème longtemps évacué par ses dirigeants et actionnaires, il semble que l’été 2015 marque en son tout début l’explosion de la question de la case access prime time de Canal Plus. Vous savez, ce fameux créneau horaire de l’apéro, juste avant le JT de 20h et après la journée au bureau. Celui où l’on se détend le « temps de cerveau disponible » pour reprendre la parole d’un média-baron connu.

Plusieurs questions se posent, en fonction de différentes problématiques éditoriales et créatives qui se superposent. J’en vois au moins quatre :

  1. Le Grand Journal, plus assez fédérateur : c’est le risque d’une émission arrivée au bout de son concept, et qui malgré les dires fracassants d’Antoine De Caunes, n’a pas réussi à se renouveler assez. Dès février dernier, il semblait y avoir un début de panique… Re-aspirer vers son propre travers, elle n’est qu’une succession d’invités plus ou moins en promo, de séquences plus ou moins marrantes et de musiciens pas toujours « waouh »… De Caunes lui-même semble comme se retenir de vraiment se marrer et de faire pointu. Trop « anchor », pas assez « man » pour le coup.
  2. L’humour Canal, s’est (un peu) relâché : « viens ici toi le jeune » nous moderniser et nous régénérer… Le Grand Journal a cru qu’avec quelques zozos péchés sur le web et les réseaux sociaux, ça allait être le Nirvana du rire branché. Erreur. Si l’adaptation télé du Gorafi est une vraie bonne idée (même si trop voisine du Petit Journal dans la forme), des délires poussifs comme la séquence « UtraTech 2000 » révèle l’aveuglement d’une écriture qui s’est oubliée en chemin… et a trop visé le x-ième degré permanent.
  3. Miss météo et poupées galvaudées : Alison Wheeler ne démérite vraiment pas à la tâche par un vrai sens de l’acting… mais elle marque la fin d’un paradoxe poussé à l’excès. Trouver régulièrement des « poules » pour faire la météo qui deviennent invariablement… des actrices ! Et faire ce sexisme là sur une chaîne prétendument cool et moderne ! On en est plus à un paradoxe près…
  4. Les Guignols, trop usés : « 30 ans, putain », pourrait dire la marionnette de Jacques Chirac. Trois décennies de… la même chose ou presque. Le format ne n’est pas assez renouvelé là-aussi, il a joué la facilité et finalement malgré son audience forte, ne semble plus véhiculer l’image de modernité attendue. La preuve ? C’est toujours dans la même lucarne avec tentures noires que se manipulent les personnages… En contraste, des gens comme Groland on su formellement se régénérer. Au moins sur la coquille, l’emballage (voir ci-dessous). Du coup, les Guignols semblent avoir temporairement sauvé leur tête, mais pas… Rodolphe Belmer, le DG qui en paye les pots cassés. Alors que Laurent Bon (Mr Petit Journal) monte en silence…

Le gâchis absolu de Canal ? Une émission musicale branchée

Tout le monde l’a oublié, ou presque : Canal a commencé ses premières heures test de diffusion en 1984 par… des clips vidéos musicaux mis à la chaîne ! Et De Caunes y officiait à l’époque pour y transposer ce bel « esprit » des Enfants du Rock. 30 plus tard, la musique n’est plus que séquences rapides et bâclées, là où la chaîne aurait eu vertu à devenir… les Inrockuptibles de la télé, le NME du Paf !

Voir De Caunes se trémousser sur du Madonna ou du Taylor Swift… bof bof. Ca ne fait plus rêver si Canal me parle de ce dont tout le monde parle dans la rue et au supermarché, dans la cour de récré comme au comptoir du coin. Pourtant, de la matière, il y en a à la tonne, qu’il suffisait de mutualiser et de mettre dans un plus bel écrin : comme les « Coming next », une perle qui auraient pu être un titre d’émission à soi seul, tant il est parlant. Electro, retro funk, pop indé : tout y passe et révèle la très ferme ligne éditoriale des journalistes musicaux de la chaîne. (extrait ci-contre, à travers la web-émission du Pop-Up Club). N’ont-ils jamais eu l’idée in jour de soumettre un projet d’émission ?

Autre exemple. Un Ariez Wizman et ses « cassettes » entendues un temps sur la Nouvelle Edition, aurait du avoir sa propre émission pop & night, nous emmenant dans les nuits des DJ et à la découverte des labels improbables, des artistes de l’underground, reportage à l’appui, etc. Dommage de ne pas avoir su faire ce « Tracks » canalien.

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