Stromae : pas le premier à cliper nos excès numériques

captu max headroomJ’ai déjà livré sur le site « Le Plus » mon impression de fond sur « Carmen » la nouvelle vidéo de Stromae, qui tacle notre usage des réseaux sociaux et notamment de Twitter. Elle fait le buzz, et ma note s’enflamme d’ailleurs à plus de 28K vues ce soir.

Mais le chanteur belge n’est pas le seul à avoir su utiliser cet écran d’expression du clip vidéo, pour faire passer un message fort. Et ce notamment sur la dénonciation des réseaux sociaux, ou de la vie numérique au sens large du terme. Elle commence avec l’informatique, continue avec la robotique et l’internet, puis s’achève en effet avec le web social mâtiné de marketing débridé.

Voici une petite sélection absolument pas exhaustive et aléatoire, au fil des genres musicaux et des causes, de réalisations qui m’avaient marquées en leur temps.

– le slammer Prince Ea (2014) : une puissante critique par accumulation et portée par la froide déclamation du slam, qui met en situation nos excès numériques les plus courants et contemporains. L’artiste est déjà connu comme rappeur et activiste.

– Bruel et La Fouine (2014) : ce duo improbable (!) aborde un thème pourtant essentiel; celui des ados poussés à bout par le dénigrement en meute sur les réseaux sociaux… Bruel y est moins « lourd » que dans la fameuse chanson des Enfoirés qui est si mal passée cette saison…

– Korn percute (2014) : le groupe hard-rock (du nu metal exactement selon leur bio) mitraille sur l’imagerie tv continue et abêtissante, qui est aussi une manière de griffer notre abrutissement en ligne… aux vidéos. Efficace et percutant.

– le trip Boogie (2013) : la chanteuse a fait elle aussi le buzz sur les réseaux et le web, avec sa vidéo donnant une « démo » de l’usage débridé du logiciel Photoshop… Bien vu, comme dénonciation de nos vies et icônes trop retouchées et parfaites.

– le délicat Digital Life (2013) : une réinterprétation plutôt « low profile » dans les moyens (et assumée comme telle), mais assez juste dans le ton et les paroles, du si mythique « Video killed the radio star » des Buggles, dans les années 80, qui avait de surcroît ouvert officiellement la vague de clipomania mondiale.

– The Chemical Brothers (2008) : la « Midnight Madness », c’est celle de l’accessibilité totale et planétaire, via interface Google Earth et images vidéos débridées, puisées dans la furie d’une base de données mondiale et instantanément accessible. Frénétique.

– The Pulsars (2007) : accumulation là-aussi de technologies envahissantes, mais vues à travers le prisme décalé de quelques réalisations hollywoodiennes connues, et notamment de SF robotique.

Antécédents clipesques nombreux

Dans les années 80-90, outre le superbe et sobre « You’re in my system » du regretté Robert Palmer (ci-dessous), plusieurs artistes évoquent la créativité et la culture bousculées par la technologie : par exemple Gary Numan sur « Change your mind« , ou encore Level 42 sur « Micro Kid« ). Ce n’est ici pas forcément négatif, mais relève plutôt du constat.

Versant plus sombre, ce sont aussi des ambiances et imageries clipesques qui dépeignent des sociétés post-apocalyptiques et post-technologiques : qu’il s’agisse de Peter Gabriel (« I don’t remember »), Police (« Synchronicity« ), David Bowie (« Ashes to ashes« ) ou même Duran-Duran (« Wild boys« )…

Enfin, tout un projet audiovisuel comme Max Headroom porte en lui la critique absolue d’un monde humain contaminé par le processeur et le virtuel. Prophétique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s