Ces quelques mots avec Luz

Pas eu le temps ni l’envie de suite d’en parler. Quand je suis passé à l’émission de Pascale Clark, A’Live sur France-Inter, Luz était aussi in da place. Invité durant la seconde partie de l’émission, le dessinateur de Charlie Hebdo venait en effet témoigner et raconter la difficile suite de la vie du titre, après un tel drame, après un tel soutien.

luz assis radio clarkNous avons d’abord (Jean-Pierre et moi) commencé par l’écouter, nous positionnant confortablement dans le « public » : en fait quelques chaises de côté, pas un gros public du tout ce soir-là. Une position très enviable cela dit : tout prêt, mais presque en voyant Luz de dos, comme juste derrière son oreille, en retrait suffisant pour percevoir la posture derrière la parole, les éventuels tics d’expression corporelle.

Ce qui frappe d’abord chez lui, c’est le paradoxe apparent entre la force du bonhomme et sa sagesse en parole, comparés à son aspect physique assez… fluet, presque effacé. Sa voix aussi, pas faible mais basse, muée par une sorte d’économie de décibels. Pas une énorme carrure ni prestance donc, mais ce même « petit truc en plus » qu’avait aussi Charb’. Quelque chose qui se fiche dans l’étincelle de l’oeil, dans la manière du sourire ironique… qui fait un courage plus fort que bien des bravades et des effets de manche. Luz en impose.

Il semble un ado coincé dans un corps d’adulte. La moustache le vieillit ok, mais le look vestimentaire « rock » le rajeunit immédiatement. D’ailleurs, quand il cause musique sur un des intermèdes de l’émission, c’est pour citer un groupe pop-rock qu’il aime bien. Je me mords la langue d’avoir oublié son nom !

Luz, et JP Govekar à Radio-France. Après l'émission de Pascale Clark.
Luz, et JP Govekar à Radio-France. Après l’émission de Pascale Clark.

Luz disait déjà alors à Clark toute la difficulté de rester Charlie, après le drame et aussi après le trop gros soutien mondial reçu en boomerang. Un trop plein de (bons) sentiments, d’argent et d’amis qui déforment (malgré eux) le projet originel et l’amitié indéfectible. Quelques jours plus tard, Luz allait d’ailleurs être invité sur le plateau d’Antoine de Caunes au Grand Journal, à la télé : et là, c’est rien moins que… Madonna qui lui donna la réplique et l’accolade ! De la science-fiction qu’on vous dit.

Dédicace et poignée de mains

luz dedicaceJean-Pierre lui a parlé un peu plus longtemps et a même obtenu une dédicace du fameux numéro de la renaissance, celui avec le vert de l’espoir. Et au passage, un scoop aussi : d’après Luz le papier utilisé par certaines ré-impressions du journal, n’est pas… le papier original voulu par ses fondateurs ! C’est parfois désormais un papier beaucoup plus chic, lisse et brillant, qui n’a rien à voir avec l’esprit de Charlie. En gros, on réimprime avec ce qu’on peut, pour encaisser l’afflux de demandes. Une allégorie de la période présente, mais dont Luz s’amusait, à défaut de pouvoir… empêcher quoique ce soit au fond.

Quand est venu alors le moment où j’ai pu lui parler, en tête à tête, je n’ai pas trouvé grand chose à lui dire que « courage, pour tout ce que vous faites et ce qui vient », en lui serrant longuement la main. Il en a été presque surpris, tant l’humilité du bonhomme n’est visiblement pas coutumière de ce genre de rencontre. C’est pourquoi je n’ai pas insisté davantage.

Pas grave. Même la simple observation proche d’un Luz vous grandit, assurément.

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