Pour Sciences-Po journalisme : l’après Charlie, le complotisme…

sciences po journalisme parisC’est toujours appréciable de discuter et échanger avec des étudiants en journalisme (mon premier métier) et communication, sur les enjeux du numérique. Je l’avais déjà fait lors de cours donnés via le CFJ et l’ESJ, où ce débat est fréquent durant les formations à l’écriture web.

L’occasion s’est répétée dernièrement, mais dans un autre contexte : avec l’école de Sciences-Po Journalisme, concernant plus particulièrement le dossier Charlie Hebdo et le contexte d’après attentats de janvier 2015.

J’ai d’abord été contacté par Ingrid Piponiot, étudiante dans cette école, dans le cadre d’une enquête menée sur le blog « Génération Charlie« . Notre entretien a porté sur les théories du complot et l’info véhiculée via les réseaux sociaux. Mes réflexions ont été intégrées à un assez long article « Jeunes = complotistes« . Voici les points clés que j’ai développées sur la base des questions d’Ingrid :

  • «les réseaux sociaux manquent de boutons». Pour réagir à un propos trouvé sur la toile, les internautes n’ont le choix qu’entre le partage, le «j’aime» ou le commentaire. Difficile donc de distinguer parmi l’effervescence ceux qui soutiennent les théories du complot, et ceux qui à l’inverse les dénoncent.
  • il est normal que lors d’un événement tragique comme celui des attentats de Charlie Hebdo, les internautes sentent la nécessité de «relâcher la pression». Des blagues déplacées aux théories douteuses, les jeunes ont rapidement cherché à se détacher d’un flux d’informations particulièrement violent. (…) ils peuvent réagir de façon froide, parfois cynique (…) vont jusqu’à «retweeter» ou «partager» des théories absurdes.
  • solution ? l’accompagnement des familles et des enseignants, mais aussi la mise en place d’éventuelles cellules psychologiques en ligne. Ceci permettrait d’éviter que les jeunes, mais aussi d’autres groupes d’internautes plus crédules, assimilent des théories douteuses publiées par les groupuscules complotistes.
  • mais danger d’une éventuelle habitude face à la diffusion répétée de ces fausses informations. Le risque est qu’à la longue, les internautes oublient la gravité des événements. «C’est un peu comme Pierre et le loup, à force de l’entendre crier on s’habitue et on oublie que derrière ces théories il y a mort d’homme».

sciences po journalisme étudiants

Quelques temps plus tard, j’ai été contacté par un autre étudiant de Sciences-Po (Pierre d’Almeida), cette fois pour évoquer les dispositifs de lutte en ligne contre la propagande djihadiste. Une situation qui s’est naturellement révélée, à la suite des multiples enquêtes des services de police, médias, experts, etc. L’entretien n’a pas fait l’objet d’une publication online, mais d’un devoir écrit (titré « France Goes To War Online ») que Pierre a eu la gentillesse de me passer par mail. En voici les points clés (en anglais cette fois) qu’il a retenu de mes propos :

  • « It essentially is a tactical issue. It was impossible for the government to let as strategic a field as the Internet free of any counter-propaganda. » (…) « nowadays, mockery and parody are inevitable phenomenons of the social web. If a topic or a cause has not had its parody, that means that it hasn’t caught on. »
  • if not explicitly ‘useful’, the hashtag #StopDjihadisme has however already proven itself viral enough, according to online influence analysis tools: « In a few days, we can see that the takeoff is real, especially in terms of retweets. »

3 réflexions sur “Pour Sciences-Po journalisme : l’après Charlie, le complotisme…

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