Techno-intox et digital detox : vaste enjeu de société

digital detox visuJe suis invité ce soir de l’émission de Pascale Clark (A’Live) sur France Inter, pour participer à un débat des plus utiles : nos vies (trop) connectées et (trop) envahies par le numérique. Cela tourne autour du projet de Pierre-Olivier Labbé (autre invité) de documentaire « Digital Detox« , que diffuse Canal Plus demain, le 25 février.

J’y parlerai sans doute en tant que « geek », ou en tout cas gros utilisateur d’internet et des réseaux sociaux : une étiquette que j’assume parfaitement, y ayant été naturellement conduit par mes années de journalismes high tech et de blog. Mais pas que.

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Autour de Pascale Clark, avec Delphine Rémy-Boutang et Pierre-Olivier Labbé.

 

Pas que car l’excès de techno est aussi un de mes thèmes « fil rouge », dans tout ce que j’ai entrepris sur le média numérique, les réseaux sociaux et plus globalement le web et le conseil. Plusieurs blogs d’abord : dont le premier d’entre eux Teknovores (sur feu la plateforme U-Blog), entre 2003 et 2007 où je m’amusais des excès et délires des geeks, nerds et autres apôtres de la Religion Techno.

Ce fut aussi le sel majeur du blog « Serial Worker », tenu pour Libération en 2008-2009, narrant la furia des technos-managers en entreprises (et nous au travail) en quête permanente de croissance et performance. Enfin, #aietech m’est un « hashtag » familier sur les réseaux (et fut un projet de livre), où se croisent bugs, couacs et anecdotes de cette veine.

Un stress numérique bien plus ancien

J’emporte avec moi sur le plateau d’A’Live ce soir, quelques points saillants. On aura sans doute pas le temps de tout traiter ! Mais la discussion se prolongera ici et ailleurs sur… nos écrans numériques justement😉

logo FB offPremière remarque. Nous sommes en 2015, mais le débat s’est en fait tôt installé, si l’on se concentre juste sur les réseaux sociaux : dès fin 2008 sur LeWeb de Loïc Le Meur, « l’overdose d’amis et de buzz » faisait surface, et en 2009 « couper Facebook pour juguler la crise » semblait une option réelle, aux utilisateurs les plus avancés comme Jérémie Berrebi. Je listais déjà 3 problèmes de base des réseaux : la superposition, la (dé)concentration et l’enfermement.

Plus globalement, c’est un contexte numérique et informatique global qui pèse sur nos corps et consciences dès le tournant des années 2005-2008 : pour ZDNet.fr je listais les points clés de ce « stress technologique », qui est devenu finalement avec les réseaux et le digital mobile un « stress 2.0« , pression d’un nouveau genre faisant déjà muter le travail « à la papa ».

Médias et com’ sur-exposés

Mais certains métiers plus que d’autres, ont été aux avant-postes de cette (r)évolution : dans les médias, la com’ et le web notamment. Des jobs soumis à la production de contenus participatifs sans fin, à leur diffusion zélée et digestive, à des « impulses » et datas temps réel, etc. Des jobs qui affrontent (et utilisent) une nouvelle concurrence : hier les blogueurs, aujourd’hui les influents… Côté personnel et individuel, c’est aussi l’ère de la googlisation permanente de soi, du « selfie buzz » généralisé… Nombreuses sont les dérives de sujets qui n’ont tout simplement pas été cadrés assez en amont et en équipe.

captu mojoUn exemple un seul. Besogneux parmi les besogneux, le journaliste en ligne (le « forçat de l’info » décrit par X. Ternisien dans le Monde) tente bien de s’adapter et de continuer « de fournir » la charge : mais sa journée type et son travail sur le terrain en mobilité sont clairement sinon un enfer du moins un rude enjeu de productivité. Son métier est-il vivable sur long terme ? Il est sans cesse révolutionné par le numérique, depuis le tournant des années 2000, dans ses pratiques et son modèle économique même. Pas sûr que toute la corporation puisse durablement tenir le round

Nous sommes en 2015, mais c’est -en résumé rapide et temporaire- la prise de conscience vive depuis un peu plus d’un an et avec des gens comme Wolton, Stiegler, Babinet… que oui, la technologie peut nous nuire. Qu’elle n’est pas uniquement cet univers de gadgeto-découverte positif et jovial. Nous ne sommes pas seulement ici les « consommacteurs » que nous nous rêvons. Et surtout, le futur technologique qui se dessine devant nous doit nous mobiliser.

Le débat est ouvert !

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