Chronique parisienne d’un fait div’ vite oublié

pic fait div parisVous me direz, le fait divers et moi, on se rencontre souvent 😉 Mais tout récemment, durant les fêtes, j’en ai expérimenté par hasard un nouvel aspect mêlant à nouveau journalisme citoyen, fêtes de fin d’année et presse locale. C’était le 23 décembre dernier, à Paris. Passant quelques jours en famille sur la capitale, nous faisions ma femme et mes fils, la tournée des lieux à voir avec des enfants, dont la Cité des Sciences de la Villette.

Nous y avons passé tout l’après-midi du 23. Arrivés jusqu’à l’heure de la fermeture (19h), nous sommes alors sortis sur le parvis de la Cité, et là, ambiance et procédure inhabituelles… Des agents de sécurité portant chasuble nous ont conseillé d’éviter le côté droit du parvis (quand on a la Cité dans le dos), car (selon leurs termes) « il y a une attaque en cours là au magasin pour enfants; y’a eu des coups de feu y paraît, faites attention ».

Nous continuons prudemment notre chemin, pour rallier en oblique la station de métro toute proche (La Villette). Nous voyons alors plusieurs équipes de policiers converger vers le dit magasin, en nous passant devant et au travers : certains à pied et en courant, d’autres en motos et aussi plus au loin en voitures, sirènes et gyrophares en action. On sent bien une « pince » se resserrer rapidement.

Nous nous arrêtons à bonne distance. Je dis à ma femme de continuer vers la bouche de métro, et je reviens seul un peu sur mes pas. Je ne vois pas de journalistes alentours, pas de photographes, aussi je sors mon smartphone et prends deux clichés, que je diffuse immédiatement via Twitter. J’observe un peu les lieux et vois au loin, devant l’entrée du magasin, des policiers et des militaires (type Vigipirate). Ils ne sont pas en position de sécurité ou même de visée face à un danger quelconque, mais on sent bien la tension.

Double contact

Nous ne pouvons pas rester plus longtemps sur place, et nous décidons de rentrer vers notre lieu de villégiature : à République. Ce n’est que vers 21h que mon smartphone se mettra à vibrer… D’abord Le Parisien me joint via Twitter et le journaliste Pascal Dronne : ma photo les intéresse, et ils me demandent (c’est très poli) s’ils peuvent la publier dans leur journal. Je ne dis pas non, mais je demande (tout aussi poli) si le journal « pige » (paye) ce type de republication. La conversation tourne court : le journaliste me précise que finalement, un collègue a été sur place et a pris une photo. No problemo, c’est de bonne guerre.

Entre temps, c’est Europe 1 qui me joint, via SMS et Jérôme Pasanau. Ce n’est pas la photo qui les intéresse eux, mais mon témoignage, ce que j’ai vu sur place. Je précise honnêtement au journaliste que je n’ai pas vu grand chose de direct, juste les à côtés et le contexte d’intervention de la police. Pas grave pour lui, il m’envoie finalement un de ses collègues (Raphaël Maillochon) là où je suis, en voiture.

Trois quart d’heure plus tard, une voiture Europe 1 m’attends bien au croisement de la rue Beaurepaire et de la place de la République. Raphaël est dehors, consultant son smartphone et mon profil Twitter me précise t-il. Il sort son Nagra, et c’est parti : en environ 1 à 2 minutes, je lui raconte ce que j’ai vu, c’est dans la boîte. Nous échangeons quelques banalités sur le journalisme de fait-diversier (que j’ai connu) et sur Noël. Puis nous nous quittons. Par SMS il m’indique que ça passera « sûrement demain matin. A confirmer ». Pas de problème avec ça, je sais comment ça fonctionne. Quand on est vraiment « à poil » sur un sujet, on prend tout ce qui peut le nourrir, quitte à trier et trancher plus tard, de retour à la rédac’. Sur Twitter, le journaliste se fend d’un tweet :

Et Europe 1 publie un article, où mes deux tweets sont repris en « embed ». En cascade, je retrouve aussi ma photo utilisée en illustration sur le site Niooz.fr (ci-dessous).

Quelques questions…

captu fait div parisLe lendemain, je n’ai pas le loisir d’écouter les « niouzes » du matin en radio sur Europe 1… Pas de nouvelles de Raphaël non plus. Le sujet n’a pas du être traité, finalement; pas assez de « grabuge » pour faire les gros titres ? Les voleurs sont repartis bredouilles, il n’y a pas eu de victimes et aucune prise d’otage. Pourtant, me souvenant de ma propre couverture de tel fait div’, voici quelques questions que je me serai posé et que j’aurais sans doute aborder pour mes lecteurs. Non pas pour « tirer à la ligne » et remplir des colonnes, mais parce que le fait div’ sert aussi à cela : de révélateur et de catalyseur. Donc :

– SECURITE : comment s’organise un périmètre de sécurisation dans un tel cas ? par qui ? Car malgré l’effort des agents de sécurité de la Cité, beaucoup de monde (dont des enfants) était encore à portée du magasin, assez près s’il y avait eu du grabuge;

– INTERVENTION : combien de temps met la police pour intervenir dans un tel cas ? Car ici, il faut noter que le plus proche « lieu » de police n’est situé qu’à… 7 minutes à pied (Tribunal de Police de la rue de Cambrai), et 9 minutes (Commissariat de la rue de Nantes); pas une zone de super tranquillité pour des braqueurs…

– SOCIOLOGIE : une telle tentative de braquage, la veille du réveillon de Noël, peut et doit interpeller… Sur l’époque, le pays, le désespoir de certains en venant à convoiter quelques milliers d’euros en un lieu pour enfants. Ca n’a pas la classe d’un braquage Place Vendôme, ni l’ambition d’une attaque de banque sur les Grands Boulevards. Ca indique qu’on est prêt à tout.

– REPETITION : la directrice du magasin de Paris a indiqué que ce n’était pas une première pour ce magasin… mais pas que. En 2012, c’était à Forbach; en 2013, à Toulouse et aussi à Aubagne. Une série ? Rappeler cela serait en tout cas une info importante pour la population. Dans le dernier cas sudiste, on apprend au passage que 10.000 euros avaient été dérobés dans le coffre : de quoi mieux chiffrer la métrique qui attise les convoitises des malfaiteurs, et qu’on aurait pu citer pour le fait div’ parisien.

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