Cet écran de pub locale qu’on avait pas vu venir

La vie sur écrans, c’est un peu la nouvelle métrique de la vie moderne. On les compte, on les range, on les fournit sans cesse en énergie… C’est notre nouveau compagnon. De fait, noyé que nous sommes, on peut parfois louper un de ces écrans, dans les aspects les plus courants de notre vie quotidienne.

Ca m’est arrivé la semaine dernière. Roulant en départementale, je stoppais dans la commune d’Ecommoy (72) pour remplir ma voiture d’essence, quand j’ai été surpris d’entendre le distributeur de carburant… me parler. Non pas comme d’habitude pour me dire que j’ai à « taper mon code », ou à « choisir le carburant ». Ni même pour me dire que la pompe ne fonctionne pas.

distrib essence

Cette fois, la machine me montrait des images et faisait passer un message publicitaire audio d’une entreprise locale. Ce tout en finissant par l’annonce du tarif de cette affichage publicitaire, imbattable semble t-il : « à partir d’1,20€ par jour ». A l »ère de la furie des formats publicitaires digitaux, ça peut prêter à sourire. Mais à bien y réfléchir, pas tant que cela.

Une pompe à essence, au fond, c’est quoi :

  • du temps / au moins 5 minutes de temps de cerveau disponible, où l’on ne peut réellement rien faire d’autres : il faut tenir le pistolet distributeur et on a donc les yeux dispos pour voir des images et recevoir des images;
  • du réseau / selon Total, une station c’est « 1000 clients par jour en moyenne » : ce sur un réseau d’une base de 600 stations. Sachant que la France compte plus de 11.400 stations (sans compter les pompes des supermarchés), faites le compte de la force de frappe de ces petits écrans.

Les premières victimes potentielles de ce nouvel espace publicitaire sont forcément à repérer au niveau local : affichages urbains et aussi pub dans la presse locale et régionale. Pas forcément une bonne chose, à un moment où les journaux de la PQR et de la PHR ont à affronter l’effondrement de leurs ventes… Une pompe essence en effet, ça ne s’achète pas pour arriver devant des utilisateurs : c’est fixé au sol, presque immuable.

station pubEn grattant un peu, je découvre que ce type de réseau n’est pas tout récent, même si c’est en 2014 que je le repère pour la première fois… L’aventure remonte à 2011, comme le raconte le site Stratégies. La société Fillup Média revendique à date un réseau de « 550 stations et 2645 écrans« . Son fondateur, Manuel Berland, est un ancien d’Orange et de Completel.

Si l’on en parle peu, c’est que peut-être beaucoup des causeries médias et publicitaires se concentrent sur… Paris. Une terre comme on le sait peu nourrie en stations essence, du moins intra muros. Les régions elles, et les communes de France et Navarre, devraient vite le repérer plus facilement et y faire grincer des dents. Mon avis perso ? Ce message ne m’a pas dérangé. Il s’est bien glissé dans un interstice de temps mort. Il faut juste veiller à ne pas se déconcentrer dans ce que l’on fait.

Une réflexion sur “Cet écran de pub locale qu’on avait pas vu venir

  1. Désolé laurentdupin, mais qu’est-ce qu’il faut être con pour dire « Ce message ne m’a pas dérangé. Il s’est bien glissé dans un interstice de temps mort. » !!!
    Si les gens ne s’insurgent pas contre ce genre de procédés, alors oui c’est foutu : n’importe quelle entreprise peut nous fourguer sa marchandise, à n’importe quelle heure, dans n’importe quel lieu, et avec notre bénédiction.
    Ce qui est grave, c’est qu’au moment où on se sert de l’essence, on est absolument otage du message publicitaire, on ne peut pas ne pas l’écouter, on n’a aucun moyen de le mettre en sourdine, contrairement à la télé ou à la radio, où l’on peut zapper au moment de la pub.
    C’est du vrai bourrage de crâne. C’est minable.
    A l’heure où tout le monde prend conscience qu’il faut améliorer le monde, et notamment tenter de corriger les excès du capitalisme, je trouve lamentable de se contenter d’accepter bé(a)tement ces quelques secondes de pollution publicitaire, dont la finalité est d’enrichir ceux qui sont déjà riches.
    Moi quand j’ai entendu le bruit insupportable de la pub sur ces écrans,( on aurait dit un dessin animé pour 3-8 ans) j’ai raccroché le pistolet, et je suis parti de la station, en me promettant de ne plus y remettre les pieds et de faire tout pour rendre illégaux ces procédés honteux.

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