La quincaillerie venue du passé

quincaillerie le mansCa ne vous est jamais arrivé ? Toucher, goûter, approcher, repérer quelque chose qui vous renvoie illico dans le passé. Pas celui sombre et ténébreux de la Grande Histoire, mais celui doux et agréable de votre histoire intime. Et notamment le temps de l’enfance. Pas de nostalgisme gaga et réactionnaire ici, non. Mais juste la prise en compte d’instantanés émotionnels qui jalonnent la vie et nous constituent. Et que parfois l’on retrouve avec bonheur.

Ca m’est arrivé au Mans, et sans aucun rapport à la culture, les médias, la télévision… sujets que j’aborde abondamment par ailleurs. Je sortais d’un rendez-vous en centre ville, et devais passer à une quincaillerie au nom improbable, à laquelle m’avait d’ailleurs envoyé… Leroy Merlin ! C’est dire. Quand une telle enseigne se dit dépassée par votre demande, il y a de quoi s’inquiéter. En l’espèce ma demande était trop « spécifique » quoique assez simple : un taquet de porte de meuble en fer, qu’il me fallait changer. Je découvrais ainsi que les grandes enseignes ne s’embarrasse plus de proposer ces pièces à faible rotation.

Je prenais donc mon courage à deux mains, pour trouver cette quincaillerie d’en ville, qui ne me disait a priori rien du tout. D’ailleurs, j’avais eu du mal à en noter le nom chez Leroy Merlin. J’essayais dans ma mémoire de sonder les lieux où elle aurait pu être, mais non, rien ne venait. Et puis, en suivant mon Google Maps, j’arrive enfin à une rue hyper centrale, en face d’un magasin pour papilles hyper connu (« La Part des Anges »)… Hé oui, elle est là, bon dieu je ne l’avais jamais vue ! La quincaillerie Person-Taugourdeau, au 16 bis rue Couthardy.

quincaillerie le mans

En pénétrant dedans, c’est le royaume de la relation client « à l’ancienne ». Pas des cohortes de clients en caddies, des responsables de rayon comme s’il en pleuvait… le rêve. Du coup, j’ai fait prolonger le plaisir. Le monsieur qui m’a servi, très disponible, me renseignera sur d’autres choses. Rien que je n’achèterai finalement, mais des renseignements vraiment utiles pour mon besoin. De la pédagogie de vie domestique presque. Je ne dis pas qu’un chef de rayon de Leroy Merlin ne fait pas cela : je dis juste que c’était ici plus détendu.

Le rêve éveillé se poursuit d’ailleurs. Je me télescope avec d’autres clients dans la boutique (très serrée il est vrai), mais nous nous échangeons que… des politesses, des amabilités. A croire que le calme environnant et la disponibilité du service nous apaise, et ne fait pas de nous ces pilotes de caddies stressés que nous sommes en général !

Final de beauté : la caisse avant la sortie donne l’impression d’être toute droite sortie d’un film de Chabrol, avec une commerçante septuagénaire endimanchée et très précise dans le calcul de la note. J’exulte, mon imagination a déjà conçue une nouvelle (littéraire) sur ce seul sujet 😉

D’une visite à… un film d’époque

En ressortant, je ne peux m’empêcher de shooter la vitrine. J’aurais presque eu envie de faire un reportage photos dedans ! Mais je n’ai pas osé. Pour pas déranger. Mais en repartant à mon parking, je repensais soudain à un film encore, lui aussi de l’enfance, et lui aussi tellement vrai. « Le grand bazar » de Claude Zidi, a sans doute pris un coup de vieux (1973), mais je le recommande à toute la jeune génération. Il associe les Charlots à Michel Galabru et Michel Serrault, c’est dire. Le pitch ? Je vous laisse voir le trailer ci-dessous, qui raconte mieux en image cette lutte du petit original contre le géant standardisé

Qui sait, peut être ce genre d’expériences, vécues par d’autres et sans plonger dans l’excès de la caricature, pourrait inspirer des projets d’équipement commercial novateur, comme l’est par exemple actuellement sur Paris « La Jeune Rue« . Je ne sais si c’est l’un des axes de ce projet phare, mais je pense que nous allons en revenir des accueils aseptisés et standardisés des grandes surfaces de sorties de ville… Une des formes possibles du « slow », qui serait tout simplement une redécouverte de la relation commerciale et d’un vieil adage, lui aussi venu du fond des temps : « Le client est roi » !

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Une réflexion sur “La quincaillerie venue du passé

  1. Et oui, le commerce de proximité à encore de beaux jours devant lui. Tiens, dernièrement je suis devenue accro au M&S Food (Marks&Spencer dédié à la bouffe) et son côté « hush hush », « bonsoir madame » « avez-vous goûté nos crumpets » qui vient avec son prix premium, mais après tout le Client Roi est aussi celui qui met la main au portefeuille!

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