Rétro chronique : le JTJP, journal des journalistes en pyjama

laurent dupin JTJPA tous les détracteurs et railleurs, à tous les haters sur Secret et ailleurs, d’avance, une petite précaution : il y a prescription pour ainsi dire, sur ce que je montre ici, car je ne suis plus journaliste en fonction… 😉 En 2009, à une époque où la presse et le web social tentaient encore de se découvrir et de se comprendre, je tentais entre autres pour ma part l’expérience d’une chronique comique « full 2.0 ». Uniquement diffusée sur les réseaux sociaux (en l’espèce via un groupe Facebook, le bien nommé CFJP, Club Français des Journalistes en Pyjama), et à durée de vie aléatoire.

De fait, j’ai tenu cette chronique sur… 3 livraisons seulement. C’est peu je sais. Non pas que le projet ne m’intéressait plus (très excitant à faire), ou qu’il n’avait pas d’audience (ça démarrait plutôt bien), mais mes activités de conseil auprès d’entreprises (à travers le projet LeWebLab) avait rapidement pris le pas pour m’occuper totalement. Ce avant de reprendre un poste à temps plein en 2010 dans la banque, qui m’éloignerait définitivement de la belle idée.

Je regrette (un peu, beaucoup…), car ce fut le moment voire peu après, où décollèrent des amuseurs du web comme Vinvin, repérés grâce à leurs facéties et bidouilleries en ligne. Je ne me compare pas à lui, je n’ai pas cette prétention; au contraire, il a été un inspirateur dont je me sens proche, même si l’on ne se connait pas bien au-delà du contact online. Aurai-je du insister, améliorer le bébé et le porter vers de plus hautes destinées ? Qui sait. Je le partage en tout cas ce jour, déjà à titre archivistique, et aussi en écho à quelques projets éditoriaux actuels, notamment de chroniques pour l’heure en stand-by.

Voici donc ci-dessous un remaniement (le mot est d’actualité en cette rentrée) des 3 fichiers vidéos d’origine, que j’ai ressortis de Facebook, où ils étaient enterrés dans des pages profondes et quasi inaccessibles. Le résultat est un seul montage plus lisible du coup via Youtube, comme une seule saison.

Génese du projet

Sur l’origine, cette chronique a été avant tout une réaction : à un des premiers débats que je suivais à la Cantine (le truc avant Numa), via le « SMC » (Social media club). Le camarade Fabrice Epelboin, alors rédac’chef du site Read Write Web, avait étrillé cette nouvelle forme de journalisme dit « de pyjama », née (déjà) des mises au chômage de beaucoup d’entre nous, et des facilités de travail à distance, de chez soi, amenées par le web et l’informatique…

Sur la forme, je me revois produire ces 3 JTJP et sans m’envoyer de fleurs… je m’impressionne. L’enregistrement avait été réalisé en une seule prise et quelques notes préliminaires. Côté matériel, je la jouais déjà low-cost : prise de vue via la webcam de mon ordinateur portable (un Acer que je pleure encore); son du générique trouvé en creative commons, et diffusé via baladeur mp3 branché sur une enceinte indépendante; décor et costume conçus par moi-même, at home.

header JTJPSur le fond, c’est très drôle de réécouter les sujets que je chronique sur la vie des médias, saisie en 2009. Auto-analyse d’un journaliste de coeur que son métier déçoit et use ? Car plus de 5 ans après, les questions soulevées sont presque les mêmes sinon aggravées… Le métier de journaliste n’est plus du tout porteur ni vivable pour ses nouvelles recrues (j’en ai parlé sur sa journée type en 2013); ses collusions avec les pouvoirs (notamment politique) toujours évidentes même si combattues par certains; et son devenir face au digital, de plus en plus incertain…

Presse et journalisme pyjama, 5 ans après ?

Le « journalisme pyjama » -expression condescendante à l’origine- est un phénomène sociétal qui s’est développé et affermi : marque d’une profession qui vire plus qu’elle ne sait garder ses troupes, sur un secteur commercialement trop chahuté par l’info à l’ère digitale. Pour rappel, les derniers chiffres officiels faisaient état de 1800 emplois sur la sellette dans les médias… Et tout le monde y passe : presse écrite, puis radio, télé. Le modèle de la rédaction commando courte à fort apport de contenus gratis (blog, UGC…) s’est imposé. Et de surcroît, les entités qui produisent l’info digitale sont de moins en moins sous convention de presse, de plus en plus « autre chose ».

De fait, la profusion des blogs et réseaux sociaux, du self media, ont comblé ce vide et rassuré faussement des journalistes qui, chez eux, tentent encore de le rester à coup de piges mal payées et contenus produits gratuitement mais vitaux pour leur personal branding. C’est ainsi, et je suis aussi passé par là.

Leçon de la chose pour mes consoeurs et confrères ? N’hésitez pas à « rester vous-même » comme l’on dit dans les émissions de télé-réalité pour kékés. N’hésitez pas à bidouiller vos projets, productions, en bon artisan de l’info. N’hésitez pas, surtout, à pratiquer l’auto-dérision. Dans mon cas, j’avoue avoir hésité à les diffuser à l’époque, auprès de producteurs et patrons d’antennes en tv, radio et web. C’était idiot. Alors qui sait, même si avec 5 ans de décalage… 😉 je les expose aujourd’hui volontiers à la curiosité des intéressés de tout horizon. Comme une pièce nécessaire de mon press book in progress.

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