Chronique du sexisme (marketing) ordinaire

Coup de fil reçu fin de semaine dernière chez nous, à la maison, tout juste de retour de vacances. Je décroche le combiné. Au bout de la ligne, je reconnais immédiatement l’affabilité feinte et automatisée d’un commercial en action depuis un call-center.

header call center v2Le bougre attaque direct : « Bonjour, c’est la société Truc-Machin-gel, vous avez un moment ? ».

Moi : (perspicace, je reconnais au mot « gel » qu’il s’agit d’un vendeur de bouffe surgelée) « oui, mais nous n’avons pas de congélateur chez nous… ».

Lui : (se disant intérieurement « shit ») « ok, vous pouvez me passer madame svp… »

Moi : « heu, pourquoi pas, mais ça ne changera pas le fait que nous n’ayons pas de congélateur branché, et que nous ne consommons pas de surgelé ».

Lui : « Oh au moins le petit bac réfrigérant dans le frigidaire… Vous pouvez me passer madame ? »

Moi : « Mais ce ne sera pas utile. Je vous dis que nous ne consommons pas de produits surgelés, nous consommons autrement, du frais… »

Lui : « Bon je vois que vous ne voulez pas me passer madame. Donc merci. Au revoir ».

Moi : « Oui, c’est cela. Au revoir ».

Commerciaux archaïques

Outre l’impolitesse de la forme qui m’a bien énervée, sur le fond cette conversation me pose un sérieux problème. Car elle indique que les formations commerciales, en écoles comme en entreprises, continuent de pratiquer un sexisme aveugle des évolutions sociétales, pourtant en 2014. Et pourtant, la voix de mon interlocuteur semblait jeune…

Cette marque de bouffe surgelée associe donc naturellement la gestion de l’alimentaire familial, des frigos et congélos à « madame ». L’homme est banni de cet aspect des choses. Purée, mais moi dans mon couple NOUS faisons les courses tous deux, NOUS cuisinons à tour de rôle, NOUS nous préoccupons tous deux de ce que nous mangeons et donnons à manger à nos enfants. Rien d’extraordinaire me semble t-il.

Certes cela n’était pas naturel, à l’origine, pour des quadras. Perso je suis né dans une époque où les papas ne faisaient pas cela et déléguaient quasi totalement à leurs épouses. Quand mon père allait acheter à manger, c’était chez le traiteur, pour ramener des plats préparés, des amuses gueules, des vins, des chocolats à la liqueur, etc. Rien de ce qui faisait tourner la cuisine familiale sur moyen et long termes.

Ai-je grandi, comme beaucoup, dans l’envie de ne pas reproduire ce schéma ? Sans doute. Il est donc bizarre que ce revendeur Truc-Machin-Gel ne tienne pas compte de ces évolutions et délivre un discours si archaïque et dépassé. Seule bonne nouvelle : ça ouvre des chantiers de formations pour quelques consultants spécialistes du sujet et plus finauds 😉

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2 réflexions sur “Chronique du sexisme (marketing) ordinaire

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