C’est la vie à la plage, aou tcha-tcha-tcha

plage lemansPour bande son de cette note de blog estivale, vous aurez donc le choix entre le tube de Niagara ou bien cette chanson des Kings of Convenience, qui me sied mieux, légère en apparence. Ce vendredi, tardivement, j’ai passé ma première journée à la plage avec mes fils. Ou plus exactement à « Le Mans Plage », une bande de sable posée près d’un grand étang en bordure de forêt et de 4 voies à zone commerciale. Autant le dire, pas le Pérou ni Saint-Trop’.

Mais c’est très bien aussi, pour les premiers barbotages estivaux, avant d’aller aborder la vraie plage avec un grand « P », celle des rives de l’ouest et notamment de Bretagne (berceau de ma belle famille) ou bien de mon sud natal.

La fréquentation du lieu est assez « populo » et « ado », mais agréable au fond. Marrante même, pour qui est équipé d’un smartphone, de la 4G et de Twitter… en devant rester sur la serviette. Je laissais en effet mes deux boys sautiller dans l’eau et gardais nos affaires pour ne pas se les faire piquer. Bête réflexe sans doute, car personne ne pique rien ici.

Le décorum de plage est sinon au rendez-vous : père quadra ventripotent matant les minettes, mère de famille rêvant de se faire considérer encore en MILF, ados maigrichons croyant avoir des muscles, ados femelles trop heureuses de leur ventre encore plat, bambins en-dessous de la limite d’âge pour s’exposer au soleil, kékés trentenaires riant grassement entre potes, etc, etc. Un vrai festival, sans la lourdeur côtière d’un Cannes au mois de mai.

Pourtant, j’avais décidé de jouer chaud et risqué : en m’installant près d’une famille de manouches. Je dis bien « manouches », car je n’aime pas l’expression « gens du voyage », très aseptisée et administrative, très française préfectorale. C’est un défi au Mans, où la communauté manouche semi-sédentarisée est très présente et amène toujours, hors caméra, de drôles de commentaires… Passons. Sans préjugés ni peurs débiles pour ma part, j’écoutais en revanche une singulière façon de se parler, entre manouches et sur la serviette : « hé ma tante, comment tu vas ? » – « bien, et ma cousine, elle va bien elle ? » – « ouais ma mère ». Pas de prénom, pas de noms, mais que des parentés proclamées comme autant de fiertés.

Florilège conversationnel

Parti donc en mode « écoute attentive et planquée », je laissais traîner mon oreille de ci de là, en fonction de ce que le peu de vent de ce jour voulait bien me ramener. Or donc, la plage d’étang en Sarthe et globalement, mi juillet, ça donne ça :

 

 

 

 

A la Plage, on se laisse aller

Au terme de ces observations, je me questionne : mais pourquoi les gens se lâchent-ils ainsi quand ils sont en maillots, et notamment quand ils sortent en bandes à la plage ? Sans doute parce que les neurones, comme les chairs, se ramollissent grandement sous l’assaut de la chaleur… La réponse est aussi peut être à saisir sur le visage de ces mômes radieux (les miens, les autres) qui se fichent entièrement de code social et de paraître, de crème protectrice et de douche obligatoire après la baignade. Leur seul objectif : foncer le plus vite possible à la flotte et y sauter le plus grand nombre de fois.

Redeviendrait-on enfant en allant à la plage, y aurait-il un processus régressif ? Odeur de crème solaire, bruit de l’eau, douceur du sable, morsure du soleil… sont sans doute autant de déclencheurs mémoriels qu’il serait vain de tenter de contenir. Bizarrement, c’est en me promenant l’autre jour en ville au Mans centre, qu’humant le bitume chauffé au rouge, je repensais à… celui de la Promenade des Anglais, à Nice. Je l’associe désormais au souvenir de la plage et de l’été, quand j’y allais môme, à 100 mètres de chez mois…

Au final, mes fils et moi, on a fini en courant sous la flotte, après amoncellement des nuages sombres et éclatement d’un bel et gras orage d’été… Une chouette virée, sans rien débourser ni se taper des bobos laiteux et cérébraux comme celles et ceux de Paris Plage. Alors rien que pour ça.

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