Des reportages sur le web, et un e-mail à… La Poste

Image C’est à l’invite de Boris Perchat que j’ai en fait produit la présente note ci-dessous. Sur l’un de ses nombreux blogs, cet humaniste des nouvelles technologies, s’est posé la question de comment internet a débuté il y a 20 ans. Et mieux, de comment l’on a nous-même débuté sur internet. Une vraie question derrière l’apparente facilité du sujet, car nos vies digitales vont bien trop vite désormais pour y réfléchir sérieusement. On a jamais le temps, et notamment dans les secteurs qui y sont dédiés : médias, internet, start-ups, etc.

Une erreur technique m’a fait d’abord publier la dite note sur ici sur mon blog « Le Mixer », avant que de la canaliser proprement sur le blog de Boris « Les 20 ans de l’Internet ». Je l’y ai laisse donc aux deux endroits, mais la redéveloppe un peu ici en profitant de la période estivale.

« Flash back » comme on dit en journalisme… sur mes pratiques digitales et informatiques dans les médias.

J’étais en fait journaliste en presse locale en Normandie, au sein d’une filiale du groupe Hersant (groupe Pays d’Auge). C’était en 1998 à Falaise, Calvados, une ville de moins de 10.000 âmes située au sud de Caen. Notre journal de PHR (presse hebdo régionale, distincte de la PQR) n’était pas réputé alors pour sa grande avancée technologique, à l’instar de toute la presse locale à l’époque… Songez que nous montions encore les pages dans des ateliers, sur tables obliques, à la colle et au cutter ! Qu’un scoop ne se concevait alors que comme « publié sur le print », et devant être paru avant la concurrence (à l’époque Ouest-France face à nous). Que les concurrents de la presse locale n’étaient pas des « pure players » mais les radios et télés locales… Une autre époque.

Aussi, se connecter au web naissant n’était pas chose aisée. Mon premier contact à l’internet a donc été… dévié, voisin, partiel. Mais pas du tout accidentel. Spécialisé volontairement sur les sujets économiques et entreprises, évidemment je n’avais pas loupé l’émergence du secteur internet et numérique. Déjà en y consacrant reportages et interviews auprès de toutes les associations, organismes, etc. qui y avaient recours et assuraient tôt leur « go to web ».

Je me souviens par exemple d’un papier concernant l’Office de Tourisme de Falaise, ou encore d’une association promouvant la formation à l’internet pour les citoyens, et dont son président m’avait beaucoup éclairé de par ses propres découvertes. Je vivais dans cette première phase un web par procuration, un web indirect même si j’étais équipé alors d’un ordinateur personnel (un Mac Classic) et que je ramenais souvent chez moi l’un des premiers PowerBook (portable) si lourd et si gris… Mon matériel de photographe restait en 1998 du chromatique (un Canon eOs 10 non numérique), c’est dire.

Connecté sur une borne

De fil en aiguille, j’ai naturellement dérivé vers le bureau de poste voisin du journal qui, à l’époque, installait des bornes d’accès internet. Tout le monde l’a oublié, mais la Poste française a été précurseur et s’était donné cette mission nationale d’évangélisation des peuplades locales, pour diffuser les « autoroutes de l’information ». Et en l’espèce directement, de vous équiper d’un compte mail laposte.fr…

La borne était en fait une sorte de meuble-bureau au design jaune, enfermant un ordinateur iMac (le modèle rond aux couleurs acidulées) avec modem, pour se connecter et découvrir le web. On parlait même de service Cyberposte, et on se connectait en achetant des cartes de crédit temps ! Cartes que je rangeais dans mon portefeuille, au même rang que la carte de crédit et la carte Vitale !

Je n’avais pas encore de connexion internet au journal : seul un modem pour télé-transmettre nos articles à la rédaction centrale de Lisieux. Une vraie aventure que ces transmissions… A chaque éternuement ou au moindre bruit survenu dans la pièce, plusieurs caractères de mes papiers risquaient de sauter dans le doc’ et de donner des signes bizarres à l’arrivée ! Il fallait alors recommencer le process, et dire « chut » dans le bureau, pour obtenir le silence…

Premiers sites et émerveillement

Je n’avais donc pas encore internet chez moi, et donc je filais à la Poste dès que j’avais un moment pour découvrir des sites web, utiliser les services naissants, découvrir ce nouveau territoire… Parmi les premiers sites découverts, je me souviens de mon émerveillement devant le site officiel de la saga Star Wars, déjà très nourri à l’époque. Je me souviens aussi du site internet du chanteur Sinclair, réputé alors pour être frondeur et en avance sur le multimédia.

Et parmi les services, le plus évident, je me suis alors créé un adresse @laposte.net, qui est restée longtemps mon email perso de référence, avant de basculer sur ceux des services des FAI et puis in fine sur celui de Google.

 

Du bidouillage créatif

Je garde de cette époque le souvenir d’une période de bidouillages, d’amateurisme, de matériels lents et peu fonctionnels… mais aussi de formidable excitation ! L’impression de participer à un « truc » fort qu’il ne fallait pas laisser passer, pour rien au monde. Je n’ai d’ailleurs pas laissé passer : ce premier contact a joué le starter comme sur un moteur, et j’ai quitté la PHR quelques mois plus tard. J’ai rejoint la presse technologique magazine puis finalement la presse internet sur Paris.

J’avais volontairement décidé de quitter le « vieux monde de la presse d’avant », pour aller explorer celui des technologies et du « web de demain ». Ce web via La Poste, m’a d’ailleurs bien aidé concrètement, car c’est par mail que j’ai dealé mes rendez-vous et mon recrutement parisien, vis-à-vis du groupe Future France… Sans cela, je ne serai pas parti de Falaise, j’aurais continué mon parcours de localier, et j’aurais peut être fini comme rédacteur en chef d’un édition locale.

Je ne regrette pas une seule seconde d’avoir « cassé » cette destinée, même si ce parcours a été rude 😉 Car ce chemin progressif et tâtonnant a été aussi d’une certaine manière celui d’un Tintin au pays de l’internet. Elle a constitué le type de comportement professionnel que j’ai encore aujourd’hui, comme consultant et manager de projets web. Pas de certitude, beaucoup de curiosités mais aussi le sens du pratique.

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