Le jour où les Inrocks m’ont classé dans les 20 comptes Twitter les plus drôles de France

logo les inrocksJe n’y avais pas repensé de suite. En septembre dernier, ça faisait en effet un an que le magazine les Inrockuptibles m’avait classé dans leur top 20 des comptes Twitter les plus drôles de France. Si, vous avez bien lu. L’occasion de pratiquer un petit « rewind » sur cette journée là de ma vie de media content producer et réseauteur zélé au pays du clic frénétique et du lien pixelisé. Ce pour ne pas pas me priver de ce petit plaisir (j’admets) mais aussi parce que je pense qu’on en apprend 1 ou 2 choses utiles sur la production d’information en ligne contemporaine et la vie de ses ouvriers, au sens où Xavier Ternisien l’avait nettement décrit dans Le Monde et « Les forçats de l’info« .

Tout a commencé par une activité, voire une sur-activité bizarre, notée dans la journée sur mon compte Twitter ce fameux 13 septembre 2012. Je voyais en effet mon compteur followers grossir subitement, par dizaines, et ce en peu de temps. Je n’ai pas eu de suite le réflexe de regarder ce qui se disait sur moi, « inside Twitter ». Alors au travail au sein de mon employeur d’alors, j’avais lâché sur le plateau à qui était là pour m’entendre : « il se passe quelque chose là« … En effet un tweet publié par le journaliste David Doucet allait sinon mettre le feu aux poudres, du moins provoquer une foultitude de tweets, retweets et citations dans la journée :

@Mancioday Avec @alexhervaud on a tenté d’établir un classement des 20 comptes les plus drôles de la twittosphère tricolore http://bit.ly/TXA0Cc

Evidemment, comme tout bon classement, ce genre d’info a le don d’énerver tout le monde, de créer le buzz, de faire la polémique et de… générer de l’audience. C’est fait pour. Pour ma part, y figurant dedans à ma grande suprise, je n’allais pas m’en plaindre et ça a eut son petit effet sur mon entourage immédiat (imaginez, je travaillais dans une banque à l’époque !). Mais j’avoue que mon premier réflexe, l’espace de quelques secondes et d’arriver au contenu en cause, a été de me dire « ah zut, et si je fais partie d’un classement ironico-sarcastico-hype produit par un plumitif à la langue acerbe… aïe, ça pourrait faire mal« . Inquiétude renforcée d’emblée en ouvrant la page de l’article illustré d’une photo pleine page de… Nadine Morano ! On l’a compris, on va naviguer là entre 1er et 2cd voire autres degrés. On est un peu dans le lol

Ce d’autant que je dois l’avouer (bis), je suis très en phase avec les Inrocks. Ils ne le savent pas, mais gamin dans les 80’s j’allais aux soirées Inrocks en club, parce que le son y était bien branché. Je ne suis pas abonné mais j’achète très régulièrement le mag’ en kiosques. Et je me sens à 90% en phase avec sa ligne directrice musicale. Imaginez donc l’effet pour un inrocks-baby de ma génération de se dire : je figure dans un article ! Malgré les années, l’expérience, le côté désabusé qu’on acquiert vite dans nos métiers… mon petit coeur de groupie a vibré sur ce rythme là.

comptes twitter les plus drôles de france

A la lecture du texte, il y a d’abord le positionnement : je figure entre @KLeM et @Monsieur_Poulpe. Je ne connaissais pas le premier et ne le followais pas (c’est corrigé ce jour), mais lisais le second (qui ne me suis pas), rien de méchant. Et puis c’est une sélection qui compte du vrai VIP lourd, sauce @DidierPorte ! C’est dire la flatterie ressentie (ne sous-estimons cette partie de la question).

A la lecture toujours, c’est assez bien ironique comme je m’y attendais, mais sans plus, presque gentil, en tout cas bienveillant. Je précise aux détracteurs que je ne connais pas personnellement David Doucet ni Alexandre Hervaud : on se croise depuis un moment sur les réseaux sociaux, c’est tout. J’aurais aimé d’ailleurs les rencontrer pour de vrai, mais l’occasion ne s’est pas encore présentée. J’aime bien aussi leur humour à la fois geek et truculent, méchant et snipper, même si je ne le saisis pas toujours (ça fait partie du charme) ce côté « lol » revendiqué presque égoïstement. Je précise enfin que je n’ai jamais été contacté ni interrogé pour cet article : le rédacteur a travaillé en solo, à la base de ce que disent mes tweets et mes profils en ligne. Le sens de l’époque en quelque sorte, où le contact amont n’est plus nécessaire à ce journalisme là, ce qui n’enlève ni sa qualité ni son intérêt.

Et le texte qui m’est octroyé décrit assez bien mon état d’esprit sur Twitter, en tout cas une partie : oui, j’aime bien l’humour à 2 balles, le jeu de mot tarabiscoté, le calembour capillo-tracté, les vannes qui s’auto-détruisent. C’est ainsi, depuis que je suis gamin j’aime jouer avec les mots, les charcuter, les secouer. Une sorte de réaction à mes études en khâgne où tant de mots universitaires, sérieux et abscons nous étaient imposés à ingurgiter et rendre sous forme de dissertations. Je le fais sur Twitter, je le faisais avant dans mes articles de presse (j’ai débuté en locale), mais je le pratique aussi « IRL », dans la vraie vie. Exemple : en voiture et en famille, je ne manque jamais de raconter à mes enfants des histoires abracadabrantesques sur l’origine des noms de ville, dont nous lisons les plaques. J’invente, à base de jeux de mots, des explications tordues mais que je veux croire aptes à ouvrir leur imaginaire. Un truc précieux vous l’avez saisi.

Les Inrocks tapent juste aussi, quand ils décrivent les hashtags (mots clé) #dansedesmots et #aietech comme parmi mes piliers sur Twitter. Ce que confirme aujourd’hui mon profil Vizify. C’est presque une conviction : présent sur le réseau depuis mars 2009, j’ai rapidement voulu aérer la pratique du tag, en le rendant là aussi à la limite de l’absurde et du message bis. Bref, pour déconner un peu dessus quoi.

Les Inrocks sont un peu moins justes quand ils me comparent à Yves Landes (@LANDEYves sur Twitter), dont je ne suis pas forcément très fan ou très proche, ou m’associent aux Grosses Têtes. Humour oui, mais pas potache et grivois par défaut, ni phallocrate (surtout pas alors). Mais c’est ainsi, il faut l’admettre, une fois que vous « lâchez » vos tweets dans la nature, vos traces de vous sur les réseaux, ils vous échappent un peu et révèlent peut être un autre « vous » ignoré ou moins en évidence pour votre ego.

Au final, j’en tire les quelques enseignements suivants :

    • impact : un bon vieil article de presse (print ou web), rien de tel pour vous donner de l’audience et de la notoriété;
    • effet constaté : dans ce cas précis, mon compte Twitter a été propulsé de plus d’une centaine de nouveaux abonnés ce jour là;
    • relativité : l’humour en général et en particulier sur les réseaux sociaux, et encore plus sur le fusant Twitter, est très relatif;
    • mimétisme : les tops, classements, tiercés… dans la presse magazine comme sur le web, c’est forcément réducteur.

Conseil final, que j’ai lu souvent dans les écrits d’un Loïc Le Meur par exemple : n’hésitez pas à pratiquer l’humour et la dérision sur les réseaux sociaux, surtout sur vous même. C’est une petite prise de risque par rapport à certains métiers et activités, mais c’est surtout une prise de distance pour se dégonfler un peu nos melons et communiquer quelque chose de très simple à autrui : le rire et la détente.

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