Le techno lab’ du TGV provincial : les matériels (partie 1)

Je reprends avec amusement le terme « provincial » : un clin d’oeil à mon ancien rédacteur-en-chef sur ZDNet.fr (Philippe Leroy), qui n’aimait pas du tout cette expression datée dans mes textes. Mais que j’ai personnellement toujours préférée au mot « régional », un peu trop « géographique » au son. Or donc, dans les provinces vous savez, on prend souvent le train pour venir sur Paris travailler. C’est un fait. Même si l’on nous conseille depuis de nombreuses années d’acquérir propriété et fonder famille dans nos vertes campagnes ou belles capitales de région, on doit encore beaucoup se déplacer pour retourner là où se trouve le peu de travail et poste restants à l’ère moderne des crises larvées : à « Paname ».

C’est donc un laboratoire d’exception pour y observer les technologies informatiques mobiles, utilisées frénétiquement. Celles qu’on nous vend à renfort de publicités et études plus ou moins scientifiques. Et qu’on vérifie ainsi sur le terrain en conditions pratiques extrêmes. Je dis « extrêmes » dans deux acceptions du terme : 1) ceux des journées de travail à rallonge, qui n’en finissent jamais entre bureau, train et domicile; 2) ceux des situations parfois un peu « secouantes » de l’informatique embarquée en train.

Matériels plus variés qu’auparavant

Qu’y voit-on donc en 2012, que je n’ai pas déjà vu en 2008 pour Libération (les technologies pliables), en 2006 pour ZDNet.fr (les astuces de travail en confort)…? Je dirai sans grande surprise que nous sommes en année de fusion et de multi-usages. Je croise en effet toutes les semaines (je prends désormais le train les lundi et vendredi, avec une pause en milieu de semaine) des multitudes d’appareils mobiles et portables dans les wagons 2de et 1ère des TGV atlantiques.

Un lieu où l’on pourrait plus qu’ailleurs appliquer la question surprise entendue il y a quelques années chez un conférencier high tech : « et si l’on faisait compte de tous les giga-octets de stockage présents en ce lieu ? ». Partons sur un calcul simple à partir de la fiche Wikipédia d’un TGV : une rame classique de type Thalys compte dans les 300 places; si la moitié seulement de ce public est équipé d’ordinateur ou matériel avec 160 Go de stockage chacun (moyenne entre une ordinateur de 320 Go et une tablette de 16 Go), nous sommes alors face à ces chiffres :

300/2 = 150×160 = 24000 Go de stockage = 24 To ! Et encore, en fourchette très basse de calcul.

Que sont les matériels les plus fréquents dans les wagons des TGV ? On y croise plus particulièrement :

  • des PC portables, toujours : la plupart du temps des modèles « pro » prêtés par l’entreprise; les conditions contractuelles balisent-elles bien ces usages répétés et d’une certaine façon risqués ? Pas sûr… l’entreprise apprend une fois de plus en marchant, tout comme ses salariés.
  • des tablettes, un peu : il y en a plus c’est vrai, mais ce n’est pas une vague immense; pour preuve d’un usage encore innovant, l’autre jour la pratique d’un jeu sur une tablette dans un wagon provoquait des regards appuyés des voisines et voisins. En souriant même.
  • des smartphones, en maîtrise : les usagers semblent avoir le réflexe de ranger leur appareil et de le couper pendant le temps du trajet. La SNCF a fait des efforts aussi, pour policer leur usage et le rappelle souvent dans ses messages radio, avant le départ. Bizarrement (c’est un ressenti) les femmes me semblent plus pianoter sur leur clavier que ces messieurs…;
  • des consoles de jeux, plus vraiment : si le marketing a voulu un temps nous faire passer pour des grands ados éternels, leur diffusion est restée discrête. Cela ne fait-il pas assez sérieux ?
  • des disques durs, généralisés : de plus en plus, au détriment des clés USB qu’on ne voit plus guère branchées sur le côté des ordinateurs.
  • des casques, de partout : s’ils équipent de plus en plus les baladeurs multimédias, ils servent aussi à un écoute plus confortable une fois assis. De moins en moins de casque à oreillettes qui s’enfoncent; de plus en plus de modèles enveloppant, avec coques.

On l’a compris. L’ensemble de ces matériels, cumulés, décrit une sorte de bureau temporaire et mobile, s’installant à chaque trajet, aller comme retour. De fait qu’il faut à l’évidence quelque début d’organisation pour bien gérer tout ceci, et ne pas prendre de risque : de vol prioritairement, si l’on laisse des matériels exposés pour s’absenter (au bar, aux toilettes). Aucune pratique de sécurisation en mobilité ne semble exister, de visu : pas de câble d’attachement par exemple/

Ces balises que j’ai posées correspondent-elles à vos propres constats ? Je traiterai dans un second temps des usages de cette informatique mobile, particulière.

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