Skyfall : le (re)Bond de la saga 007

J’étais au cinéma Max Linder à Paris cette semaine, où j’ai pu apprécier le dernier opus de la saga Bond, le bien nommé Skyfall. Une arrière idée de « chute » et d’effondrement dans ce titre, qui n’est pas du tout présente à l’écran en fait. Sam Mendes, que l’on imaginait pas à la manoeuvre, parvient pourtant à se glisser dans cette réalisation contraignante, sans la nier et tout en la stylisant furieusement. Craig lui donne quant à lui une dimension enfin plus humaine et fragile, presque attachante.

Le style est bien le maître mot de ces 2h23 d’action et d’espionnage, qu’on ne sent pas du tout. Style bondien puriste et sobre, comme Craig nous y a habitué dans son acting dès Casino Royale. Mais style aussi et surtout par deux éléments de traitement distincts et capitaux :

    • une photographie chiadée : des scènes « grand cadre » en extérieur d’anthologie (la lande écossaise, la mer de Chine), le soin du détail dans les scènes « rapprochées » (les combats, les étreintes notamment, le yacht voilier de la James bond girl aussi);
    • une bande originale éclatante : la chanson du générique, chantée par Adele retrouve un ton à la fois dramatique et soul, inquiétant et viril très maîtrisé. On rentre dedans dès les premières mesures, et les effets visuels du générique en rajoutent par leur qualité. Un trait commun d’ailleurs avec les 3 derniers Bond joués par Craig qui ont particulièrement soigné le look et le « son », plus rock, plus mature.

Narration et casting optimisés

Enfin dans la narration, Skyfall se détache clairement du reste de la saga bondienne. Il réussit à développer une histoire à la fois rythmée, prenante et intime. Presque à la limite du poétique. Notamment à travers le personnage du méchant, très écrit, détaillé et parfaitement incarné par l’acteur Javier Bardem. Sa blondeur capillaire le rapprocherait d’emblée d’un Christopher Walken dans « A view to a kill« , mais c’est autre chose qui se dégage de son histoire personnelle. Plus complexe et pernicieux, flirtant avec la folie, avec un effet miroir pour le fond d’histoire de la vie des espions et de ses aléas. C’est bien vu.

bérénice marlohe 007 james bond girlCasting parfait aussi pour la sulfureuse James Bond girl jouée par la française Bérénice Marlohe. Peut être, comme le buzz semble l’indiquer pernicieusement, a t-elle fait le pied de grue pour décrocher ce rôle de premier plan, mais tant mieux : car elle fait une magnifique maîtresse de méchant séduite par l’espion. Un rôle presque trop peu exposé dans les 2h23 du film : son histoire aurait gagné à être étoffée et étendue.

Ce n’est donc pas vraiment un second souffle, mais plutôt la fin d’un cycle (le Bond modernisé) et une transition vers un autre cycle jamesbondien. Une sorte de retour aux sources, qui se joue dans la toute fin du film. Je n’en dis pas plus pour ne pas rompre le charme pour ceux qui vont le voir, mais je peux préciser que des ingrédients clés sont de retour ou remis en valeur. A voir pour que la mayonnaise prenne sur le prochain épisode, avec ce que l’on en sait : par exemple l’arrivée durable de Ralph Fiennes et le rôle de méchant déjà confié à Benedict Cumberbatch (la révélation de la série tv Sherlock).

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